Page:Revue des Deux Mondes - 1861 - tome 34.djvu/419

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dans la même commune. Dans l’impossibilité de recommencer un cadastre général, l’assemblée décida qu’il serait fait successivement un nouveau cadastre partiel des communes trop imposées, pour régler la distribution des décharges.

Le rapport sur les chemins fut fait par l’évêque de Vabres. Avant 1742, on ne connaissait, dans la généralité, d’autre route que la ligne de poste de Paris à Toulouse et celle de Montauban à Agen. Lors de l’impulsion donnée aux travaux publics par Trudaine, on avait essayé d’en ouvrir deux autres, l’une de Caussade vers le Bas-Languedoc, l’autre de Toulouse aux Cévennes ; mais l’intendant d’alors, Lescalopier, avait eu recours, pour les exécuter, à l’emploi des corvées, ce qui souleva une telle irritation qu’il fallut y renoncer. Les fonds provenant de l’impôt établi en échange avaient été ensuite si mal administrés que les travaux avaient fait très peu de progrès, et que la province devait aux entrepreneurs un arriéré de 300,000 livres. Sans hésiter, l’assemblée entreprit d’exécuter les routes qui manquaient, et vota à cet effet une imposition additionnelle, fixée provisoirement au onzième de la taille ; les deux ordres privilégiés, le clergé et la noblesse, déclarèrent spontanément qu’ils consentaient à payer leur part d’imposition pour cet objet. Un membre du tiers-état, Pechméja, lut au nom du même bureau un rapport sur les moyens d’améliorer la navigation des rivières ; des travaux étant déjà commencés dans le Lot par ordre du roi, l’assemblée se borna à en demander la continuation ; elle émit en outre le vœu, que les propriétaires de moulins fussent invités à exécuter avec plus de soin les règlemens protecteurs de la navigation. Le comte de Panat accepta les fonctions de procureur-syndic, qu’il devait remplir avec le zèle le plus assidu ; son traitement fut fixé à 4,000 livres. Les membres de la commission intermédiaire reçurent une indemnité de 1,000 livres. Après avoir nommé au scrutin les membres de cette commission et décidé l’impression de ses procès-verbaux, ainsi que l’envoi d’une députation au roi, l’assemblée se sépara.

Elle se réunit de nouveau l’année suivante, en 1780, la première session n’étant considérée que comme préparatoire. L’intendant annonça que la plupart des propositions avaient reçu l’assentiment du roi. Un rapport du procureur-syndic, au nom de la commission intermédiaire, fit connaître l’état de toutes les questions. Puis vinrent de nombreux rapports de la part des bureaux. Il serait superflu d’entrer ici dans le détail d’opérations compliquées sur des impôts qui ont généralement changé de nom et d’assiette. Il suffira de dire que les efforts tendaient toujours vers le même but, l’amélioration de la répartition et le soulagement des contribuables les plus chargés. L’assemblée avait décidé l’année précédente, conformément aux