Page:Revue des Deux Mondes - 1862 - tome 38.djvu/400

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écrivit à ce sujet un mémoire détaillé qui fut mis sous les yeux du roi. Nous trouvons dans les procès-verbaux imprimés de l’assemblée du département de Riom [1], tenue en octobre 1788 de nouvelles preuves pour démontrer l’existence des états ; on y donna, d’après Savaron, Belleforêt et un grand nombre de titres, la liste de vingt-huit sessions, de l’année 940, où remontait leur origine, à l’année 1662, où ils s’étaient tenus pour la dernière fois. Cette délibération et plusieurs autres émanées de la même assemblée, comme les vœux émis en faveur d’un impôt territorial unique, de la liberté indéfinie du commerce, de la réforme des lois civiles et criminelles, méritent d’autant plus l’attention que l’assemblée de Riom était présidée par le marquis de Laqueuille, qui allait devenir un des chefs de la droite aux états-généraux et donner sa démission de député au mois de mai 1790. À Aurillac, on adopta aussi avec empressement le grand mot d’états, mais en demandant que la Haute-Auvergne en eût de particuliers. La digue une fois rompue, toutes les prétentions se produisaient à la fois.

Parmi les membres de l’assemblée provinciale se trouvait le marquis de Capponi, seigneur de Combronde, issu de l’illustre famille des Capponi de Florence, dont une branche était venue s’établir en Auvergne pendant les révolutions de l’Italie. Il mourut en 1788, et des témoignages extraordinaires suivirent sa perte. « Vous avez vu, dit M. de Laqueuille à l’assemblée de Riom, avec quel zèle le respectable marquis de Capponi s’occupait de tout ce qui pouvait avoir trait au bien. La perte d’un homme vertueux et éclairé est une calamité pour son siècle. Quels traits pourrais-je ajouter à son éloge qui ne soient connus de vous ? » L’assemblée voulut consigner au procès-verbal l’expression de ses regrets unanimes pour la perte inappréciable qu’elle venait de faire. Le bureau intermédiaire s’exprima en termes non moins significatifs : « Livrés à des travaux communs, nous avons admiré l’étendue de ses connaissances, la justesse de ses opinions, sa grande facilité à traiter les objets les plus minutieux, mais intéressans pour le peuple, enfin cette envie dévorante de faire le bien. » Le nom du marquis de Capponi est probablement oublié en Auvergne ; il a paru juste de consigner ici cet hommage de toute une province.

Quant au président de l’assemblée de 1787, M. de Montagu, il ne resta pas longtemps sous l’influence de La Fayette. Il ne fut point nommé aux états-généraux, émigra un des premiers et commanda un des corps de l’armée de Condé qu’on appelait la coalition d’Auvergne, parce qu’il se composait d’officiers et de soldats

  1. 1 vol. in-4°, imprimé à Riom.