Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 43.djvu/122

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


arrivant la plupart, de leur village, au travail qui désormais occupera presque tout leur temps, l’honorable directeur a voulu leur procurer une instruction suffisante pour qu’ils fussent en état de prétendre ultérieurement à des positions plus lucratives ; une école spéciale est instituée en vue de leur donner cette instruction préparatoire. M. Wilson a su de même tirer un ingénieux parti d’une disposition particulière dans l’une de ses opérations. Voulant obtenir un refroidissement des moules à bougies plus rapide et plus économique, il les entoure d’un courant d’eau qui, par un échange de chaleur, atteint bientôt la température de 30 à 35 degrés ; le courant est alors dirigé vers un très grand réservoir en maçonnerie, construit a dessein sous la forme d’une vaste piscine, où, trois fois par semaine à tour de rôle, les jeunes garçons et les hommes adultes sont admis à se livrer au plaisir de la natation. Ils trouvent ainsi un moyen agréable et complètement gratuit d’entretenir leur force -et leur santé.

Si l’emploi de l’eau froide était utile pour faciliter le démoulage des bougies en solidifiant plus vite et contractant davantage les substances grasses plus fusibles que les nôtres, cette précaution était encore insuffisante. Pour assurer un démoulage plus facile et plus prompt, M. Wilson dispose d’un volume suffisant d’air comprimé qui s’introduit à volonté au bas du moule sous chaque bougie. L’opération est très curieuse à voir : successivement toutes les bougies sortent en apparence spontanément des moules à mesure qu’un des enfans, ouvrant d’une main le robinet à air comprimé, reçoit de l’autre main chaque bougie lancée à l’extérieur et de bas en haut[1].

Parmi les plus remarquables produits que la chimie dans ses rapports avec l’industrie agricole a droit de revendiquer, on peut citer encore une substance solide, blanche, employée pour l’éclairage en concurrence avec les bougies stéariques : on l’obtient par la préparation en grand, le raffinage et le moulage de la paraffine sous la forme de bougies translucides[2]. Déjà cette innovation apparaissait à l’exposition de 1855 : mais alors le succès de la fabrication en grand était douteux, la pureté du produit insuffisante et le prix de revient trop élevé. Depuis cette époque, toutes ces questions ont été résolues favorablement, et quelques incertitudes bien explicables

  1. Je dois ajouter que la machine elle-même à moulage des bougies, avec enfilage continu des mèches, est construite suivant le système perfectionné de MM. Cahouët et Morane, de Paris. La machine de MM. Cahouët et Morane a été adopté en Angleterre, en Belgique et en Allemagne ; on l’y retrouve ordinairement munie du cachet des inventeurs.
  2. La paraffine doit sa dénomination à la singulière propriété de repousser toute combinaison bien définie, ou d’être dépourvue d’affinité, parum affinis.