Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 43.djvu/140

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


puis une injection de vapeur, débarrassent les menus cristaux de toute la mélasse interposée. Cette méthode, si simple et d’une si facile application, a déjà produit, durant la campagne dernière, dans nos colonies, des sucres bruts d’une qualité exceptionnelle ; elle promet de remarquables améliorations aux propriétaires qui, faute de capitaux suffisans, ne peuvent installer dans leurs ateliers les appareils adoptés dans les grandes usines centrales.


Ce sont là quelques-uns des faits principaux par lesquels s’est manifestée dans les dernières années l’action utile exercée par les sciences chimiques et mécaniques sur l’agriculture. Avant de les résumer et de terminer ainsi l’exposé des agens. les plus énergiques de la production agricole, nous voudrions rappeler ici quels ont été les points saillans de nos études sur cet important sujet.

La théorie moderne de la nutrition des plantes, basée sur la composition même de leurs organes, nous a conduit d’abord à signaler les industries manufacturières qui livrent à l’agriculture les phosphates de chaux et de magnésie provenant des os concassés d’animaux récemment abattus et des restes pulvérisés d’animaux fossiles ou de leurs déjections, appliquant ainsi à la végétation alimentaire nouvelle, par une véritable transmutation matérielle des êtres, les élémens mêmes qui avaient servi au développement des animaux antédiluviens. Nous venons de montrer comment la fabrication perfectionnée sur ce point réussit à rendre plus économiquement assimilables par les plantes ces débris associés de la vie actuelle et des anciens âges du monde, dont elle forme un des meilleurs engrais industriels, désigné sous la dénomination de superphosphate de chaux.

Dans la description des procédés modernes que le génie rural emploie pour réaliser les grandes améliorations agricoles du drainage, des irrigations et du colmatage, nous avons fait voir[1]comment on parvient à rendre les terres plus fertiles, tout en assainissant la demeure des hommes, en quintuplant parfois la production. À l’occasion des engrais mixtes, qui comprennent les agens les plus variés de la production agricole, il a fallu rétablir une distinction importante entre les engrais verts et les mêmes végétaux après qu’ils ont subi l’action digestive des herbivores. On a pu comprendre alors la grande utilité de l’intervention des animaux en pareil cas, bien qu’ils soient toujours consommateurs plutôt que producteurs d’engrais, comme on l’a dit trop souvent sans jamais pouvoir se rendre un compte bien exact d’une pareille assertion. On a pu reconnaître aussi les avantages des opérations manufacturières qui

  1. Voyez la Revue du 15 octobre 1861.