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salle, carrée, de 40 pieds de long sur 20 pieds de haut, où la lumière pénètre à flots par de larges châssis. Un des murs du laboratoire sert d’appui à une riche bibliothèque. Partout des tableaux offrent au regard des tracés graphiques qui dessinent la loi de quelque phénomène de la vie; on y voit les différentes formes du pouls, des battemens du cœur, des mouvemens respiratoires, etc. De grandes vitrines renferment des appareils de précision : régulateurs de Foucault, cardiographes, sphygmographes, thermographes, cylindres tournans sur lesquels se produisent les tracés, appareils pour l’étude de l’électricité animale, etc. Dans le fond du laboratoire, on aperçoit les grandes cloches où l’on peut enfermer les animaux pour leur faire respirer des gaz de diverse nature. Bref, ce laboratoire, dû à l’initiative privée, est le seul de France où l’on puisse entreprendre des recherches sur les questions délicates de la vie animale.

L’Allemagne, qui ne nous a jamais devancés sur le terrain des découvertes ou des idées, qui n’avait encore aucun physiologiste célèbre quand nous avions Bichat, Legallois, Flourens, Magendie, Breschet, l’Allemagne a été plus empressée et plus généreuse que nous dans la fondation des laboratoires de biologie. Tandis que nous n’en avons que très peu et d’insuffisans, elle en a depuis longtemps de très remarquables. Les plus importans sont ceux de Berlin, Heidelberg, Vienne, Leipzig, Tuhingen, Munich, Gœttingue, où les Helmholtz, les Brucke, les Ludwig, ont accompli leurs travaux. Saint-Pétersbourg possède un institut physiologique immense qui a coûté 3 millions. Celui d’Utrecht, dirigé par M. Donders, est cité comme un modèle. Au musée royal de Florence, M. Schiff est placé à la tête d’un laboratoire que nous pourrions envier à l’Italie; celui de M. Moleschott, à Turin, est aussi très bien monté. Enfin tout récemment, M. Kuhne ayant été appelé comme professeur de physiologie à Amsterdam, cette ville a mis très libéralement à la disposition du jeune savant de grands moyens matériels et un laboratoire magnifique dont la construction est à peine terminée.

Nous ne décrirons que l’un de ces établissemens, celui de M. Ludwig, à Leipzig, qui est, de l’avis de M. Claude Bernard, le mieux installé de tous. Le laboratoire de M. Ludwig se compose de trois corps de bâtiment disposés l’un sur l’autre à angles droits, de manière à former trois des côtés d’un carré dont le quatrième côté reste vide, et qui renferme une grande cour. Dans les caves se trouve une machine à vapeur qui distribue la force nécessaire à un grand nombre d’opérations. On y a placé aussi des ateliers pour des mécaniciens et autres ouvriers chargés de la confection des instrumens. Au rez-de-chaussée sont les salles destinées aux vivisec-