Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 94.djvu/612

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tions et aux autopsies, puis les chenils et les étables des divers animaux. Dans la cour, on a construit des écuries pour les chevaux et autres grands sujets sur lesquels on expérimente. On y voit aussi un aquarium pour les poissons et les grenouilles. Au premier étage, les salles du bâtiment central sont réservées aux expériences de physiologie proprement dite. Il y a d’abord une vaste salle pour les vivisections, une salle pour les travaux personnels du professeur, puis un certain nombre de pièces pour les recherches d’un ordre spécial, comme les études d’électro-physiologie, d’optique, etc. Des deux bâtimens latéraux, l’un a son premier étage occupé par les laboratoires de microscopie, l’autre renferme dans sa portion correspondante les laboratoires de chimie. L’étage supérieur comprend les appartemens privés des professeurs, des aides et des employés. Au milieu de la cour s’élève un grand amphithéâtre éclairé par le haut, et où se font les cours de M. Ludwig; il communique avec chacun des trois grands corps de bâtiment par de petits chemins de fer qui apportent sur la table du professeur les divers objets d’expérimentation et de démonstration. Tous les laboratoires de physiologie en Allemagne sont construits sur ce patron. Tous sont en quelque sorte divisés en trois parties respectivement affectées aux vivisections, aux travaux microscopiques et aux recherches physico-chimiques. La physique et la chimie y sont ainsi mises au service de la biologie, qui ne saurait se passer de leur concours, puisqu’elle leur emprunte les procédés les plus puissans pour l’analyse des phénomènes.

Il nous reste à parler, pour compléter cette revue, d’un établissement français qui n’a point d’analogue en Allemagne ni en Angleterre, et qui fait le plus grand honneur à un célèbre physiologiste, M. Coste. Nous voulons parler du laboratoire de Concarneau, si bien disposé pour toutes les études relatives à la faune immense et infinie de la mer. Soixante-dix aquariums ou bacs, alimentés par un courant continu qu’entretient une pompe mue par un moulin à vent, fonctionnent en permanence au rez-de-chaussée d’un vaste bâtiment dont le premier étage a été converti en cabinet de travail. Attenant à ce bâtiment et se développant à ciel ouvert dans toute sa largeur du côté de l’Océan, qui vient battre leurs murailles insubmersibles, six réservoirs de 1,000 mètres de superficie, de 3 à 4 mètres de profondeur, bordés de grands trottoirs d’où l’on voit aisément tout ce qui s’y passe, forment sur un fond de granit une petite mer en miniature dont l’eau peut se renouveler entièrement deux fois par jour au moyen d’un jeu de vannes grillées imitant le flux et le reflux. Les espèces qu’on y retient captives trouvent là toutes les conditions du large; elles y vivent, s’y engraissent et s’y