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à 651 millions pour l’exercice 1871, soit à 2 milliards 314 millions pour les deux exercices réunis. Quand on les évalue à 3 milliards, on comprend sans doute la partie des dépenses payables sur les crédits ordinaires affectés à l’armée. Le déficit des impôts sur les deux années 1870 et 1871 ne dépasserait pas 685 millions. L’alimentation des troupes allemandes qui occupent notre territoire monterait à 225 millions pour toute l’année 1871. Enfin, en ajoutant toutes ces dépenses et en défalquant les 27 millions qui représentent l’excédant des économies sur les supplémens de crédits du budget normal de 1871, on aurait la somme de 3 milliards 197 millions pour l’ensemble des charges imputables jusqu’à ce jour sur les ressources non prévues aux budgets des exercices 1870 et 1871.

Quant à l’indemnité prussienne, on sait qu’elle a été fixée à 5 milliards, dont deux exigibles à une époque assez rapprochée, et les trois autres dans un délai de trois ans à partir de la signature des préliminaires de la paix.

Sur les 8 milliards 311 millions dont l’origine vient d’être expliquée, 750 millions ont été réalisés par un emprunt public émis par M. Magne avant le à septembre. Cet emprunt, souscrit à 60 fr. 60 c, a été recouvré jusqu’à concurrence de 600 millions, et produit par conséquent des arrérages pour un peu moins de 30 millions. Au mois d’octobre, un emprunt de 250 millions, connu sous le nom d’emprunt Laurier, a été contracté avec le concours de la maison Morgan, de Londres, qui s’est chargée de l’émission de 500,000 obligations à 500 francs, portant un intérêt de 30 francs et remboursables en trente-quatre années. Il paraît que la souscription, ouverte au taux de 425 francs, n’a été couverte en France que jusqu’à concurrence de 187,842 obligations, et de 139,635 en Angleterre, et que le surplus a été concédé à la maison Morgan au prix de 415 francs. Les banquiers auraient touché une commission de 6,875,000 francs, de sorte que le trésor public, en s’engageant pour un capital de 250 millions, aurait en définitive reçu moins de 204 millions. Les affaires de la France au 24 octobre devaient paraître bien désespérées, et le crédit de la délégation de Tours était bien mince pour qu’on se résignât à signer de semblables conditions. Il en est résulté pour le pays l’obligation de payer 15 millions d’intérêts et l’amortissement du capital, soit pendant trente-quatre ans une annuité de 17,399,500 francs.

Les autres sommes qui ont subvenu aux besoins du gouvernement ont été obtenues au moyen de la vente de rentes 3 pour 100 provenant de la liquidation de la caisse de la dotation de l’armée, et surtout au moyen des avances de la Banque de France. La caisse de la dotation possédait environ 16 millions de rentes. En supposant