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bon pour la guerre, de l’élite des forces du siège. Le 13e et le 14e corps cessaient d’exister, ou du moins ils se fondaient dans cette deuxième armée, qui comprenait désormais trois corps, le 1er sous le général Blanchard, le 2e sous le général Renault, le 3e sous le général d’Exea. C’était un ensemble d’un peu plus de 100,000 hommes, parmi lesquels figuraient les zouaves du colonel Merle, qui s’étaient si vaillamment relevés à La Malmaison, le 35e le 42e qui avaient toujours eu la plus vigoureuse attitude partout où ils avaient paru. Il y gavait aussi des mobiles d’Ille-et- Vilaine, du Finistère, de la Vendée, de la Côte-d’Or, du Loiret, du Tarn, qu’on avait organisés en régimens.

La troisième armée, dont le gouverneur s’était d’abord réservé le commandement direct, restait définitivement sous le général Vinoy. Sans avoir la cohésion de la deuxième armée, elle ne laissait pas d’avoir de l’importance ; elle comptait à peu près 70,000 hommes, répartis en six divisions aux ordres des généraux Soumain, de Liniers, de Beaufort-d’Hautpoul, Corréard, d’Hugues, et du contre-amiral Pothuau. L’armée du général Vinoy se composait principalement de mobiles : elle avait cependant des noyaux solides, 2,000 hommes de garde républicaine qui pouvaient compter parmi les meilleures troupes, plus de 2,000 hommes de gendarmerie, près de 4,000 douaniers, 1,200 forestiers, une brigade de marine de 5,000 hommes, et de plus on lui laissait bientôt une partie de l’ancien 13e corps, la division de Maud’huy, qui n’avait pas moins de 16,000 hommes. Malgré l’inexpérience d’une partie de ses troupes et une certaine dissémination de ses divisions, dont quelques-unes restaient sur la rive droite de la Seine, le général Vinoy était en mesure de se faire respecter dans les lignes du sud, dont il avait toujours la garde, et il pouvait au besoin jouer son rôle dans les combinaisons qui se préparaient. Enfin on formait à Saint-Denis un dernier corps indépendant sous le vice-amiral La Roncière Le Noury, qui conservait en même temps le commandement de toutes les forces de marine du siège. Ce corps de Saint-Denis, composé de trois fortes brigades aux ordres des généraux Lavoignet, Hanrion et du capitaine de frégate Lamothe-Teuet, comptait un peu plus de 30,000 hommes en infanterie de ligne, en fusiliers-marins ou en garde mobile, surtout en garde mobile de la Seine. Le gouverneur de Paris se réservait naturellement la direction de toutes ces forces avec le général de Chabaud-Latour pour chef supérieur du génie de la défense et le général Guiod pour commandant de toute l’artillerie.

Ainsi avant le 15 novembre l’organisation des forces militaires de la défense était à peu près complète, aussi complète du moins