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LA
RESPONSABILITE MORALE
ET LE DROIT DE PUNIR
DANS LES NOUVELLES ECOLES PHILOSOPHIQUES

I. La Liberté et le Déterminisme, par M. Alfred Fouillée. — II. La Science au point de vue philosophique, par M. É. Littré, de l’Institut. — III. La Philosophie de Hamilton, par M. Stuart Mill, traduit par M. Cazelles. — IV. Lettres sur la circulation de la vie, par M. Moleschott — V. Science et Nature, par M. Büchner.


L’esprit mène le monde, mais le monde n’en sait rien. Le tumulte des intérêts et des passions étouffe le bruit imperceptible des idées. Ces actives et silencieuses ouvrières n’en sont pas moins toujours occupées à leur tâche. Elles font ou défont dans leur travail infatigable la trame vivante des consciences. Tout d’un coup on s’aperçoit que la raison, l’éducation, les mœurs, sont en train de subir une révolution profonde ; on cherche les causes de ces grands changemens. Où les trouverait-on, si ce n’est dans ces mille influences actives et variées à l’infini qui descendent des hautes sphères où s’élabore la science ?

Il se forme ainsi dans les régions élevées de l’esprit des courans d’opinion qui semblent irrésistibles, et entraînent la masse flottante des intelligences dans une direction déterminée. Ceux même qui ne cèdent pas à ces impulsions collectives ont grand profit à en étudier le point de départ, la force et les résultats. Or il n’est pas douteux qu’un de ces courans d’idées n’emporte aujourd’hui les sciences morales, et avec elles un grand nombre de raisons cultivées dans la sphère d’attraction des sciences de la nature. On ne