Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/538

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jurisconsulte et du politique ne diffère pas, au fond, du travail de l’ingénieur : organisation d’une armée et organisation d’un pays, opérations militaires et lois civiles, tout est affaire de mécanique ; la mécanique, à laquelle viennent se réduire les autres sciences, est la vraie logique de la force où s’accomplit l’identité cherchée entre « le rationnel et le réel ; » elle est pour l’humanité, comme pour la nature, cette justice armée d’une balance où le poids le plus fort entraîne le plateau.


III

Nous avons suivi, avec les écoles de l’Allemagne, une voie qui aboutit soit à la lutte plus ou moins brutale des individus entre eux, soit à l’absorption de l’individu dans la nation, dans la race, dans l’humanité et finalement dans le nombre : c’est le fatalisme tour à tour anarchiste et absolutiste. Il semble alors que les objections se pressent contre cette philosophie de la force. — Ériger la force en droit, dira-t-on aux partisans des écoles allemandes, c’est l’ériger