Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/588

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une augmentation de frais notable à la charge des nouveau-venus. Autrefois chacun, exploitant la surface du sol, ou à peu près enlevait la terre dans une brouette et allait la trier à quelques pas, autour du bassin diamantifère, sans avoir besoin d’appareils d’extraction ni de travaux de soutènement, et sans perdre de temps à faire monter les seaux d’une assez grande profondeur. La terre n’était pas plus riche ; mais, comme on en travaillait davantage dans le même temps et à moins de frais, on recueillait plus de diamans et l’on avait un bénéfice plus certain, surtout quand on avait eu le terrain pour rien ou pour peu de chose. Ceux que le hasard a favorisés assez pour leur permettre d’avoir un claim au New-Rush lors de la découverte de ce placer exceptionnel ont pu s’enrichir en très peu de temps ; mais en général il ne s’y est pas fait de grandes fortunes parce que ceux qui, après quelques semaines, quelques mois peut-être, avaient le bonheur de se trouver à la tête d’un certain capital, s’empressaient de fuir un climat et un travail trop durs, pour aller jouir ailleurs de leur bonne chance. Naturellement ils vendaient, en partant leur morceau de terre, et mettaient le nouveau propriétaire à l’abri de toute réclamation en lui transférant la patente sur laquelle est porté le numéro du claim. C’est là toute la formalité requise ; elle suffit pour assurer la libre jouissance de ce bien acquis dans des conditions si peu ordinaires. On comprend que ceux qui, outre leur peine et leur temps, apportent des capitaux dans une entreprise aussi hasardeuse ne voient pas d’un bon œil le règlement qui autorise le premier venu à s’emparer de leur claim, si, pendant un temps assez difficile à constater et toujours contesté, ils ont négligé leur exploitation : aussi tous les mineurs actuels, possesseurs à la suite d’acquisitions sérieuses, sont-ils fortement opposés au maintien de cette coutume, qui n’a pu être abolie entièrement, mais qui a du moins été renfermée dans de plus justes limites ; le propriétaire malade ou momentanément absent a désormais le temps d’être prévenu par ses voisins et de venir par sa présence déjouer les calculs de mauvaise foi.

Lorsqu’une mine offre une étendue telle que les détenteurs des terrains du milieu ne pourraient exploiter leurs morceaux sans passer chez leurs voisins, on fait des rues qui traversent le bassin de bout en bout, et courent parallèlement les unes aux autres. Pour cela, chacun doit donner un espace large de 7 pieds 1/2 sur toute la longueur de son terrain ; mais, afin de diminuer le nombre des rues au profit de la largeur, on les adosse deux à deux ; l’intervalle se trouve ainsi plus grand et permet à l’air et à la lumière de circuler librement, en même temps que les charrettes-peuvent, se croiser sur un espace de 15 pieds. Chaque mineur place en terre, en travers de la route, deux ou trois solives débordant sur son claim