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III

Les champs diamantifères sont divisés en deux catégories : les mines de rivières et les mines sèches (dry diggings). Aux mines de rivières, les diamans se trouvent sur les bords et dans le lit des cours d’eau au milieu de pierres d’une grande variété : calcédoines, agates, olivines, grenats rouges et verts, granits, feldspaths micacés décomposés, tufs, schistes alumineux contenant des pyrites de fer, micas, aragonites. Ces pierres, aux couleurs vives quelquefois, égaient la vue et empêchent la monotonie du travail. Aux mines sèches, les diamans gisent au milieu des sables et des terres d’alluvion, parmi des calcaires de toute sorte, des grenats, péridots, schistes, micas, etc., et avec un minéral noir, toujours en petits fragmens informes, de cassure conchoïdale, réfléchissant vivement la lumière et rayant le verre, qu’on appelle sur les lieux du carbone, — sans doute à cause de sa couleur.

Toutes les mines sèches sont situées au milieu de vastes plaines incultes, si plates et si unies que la vue peut s’étendre dans toutes les directions sans rencontrer autre chose qu’un horizon qui par sa régularité tranche sur le ciel absolument comme celui de la mer ; c’est à peine si de loin en loin on y aperçoit quelques arbres isolés appartenant invariablement à la famille des mimosas ; pas d’eau, pas de terre végétale, rien en un mot qui puisse donner à penser que ces régions, privées de toute condition d’existence, soient faites pour être habitées par l’homme. La terre végétale, — terre à briques, rouge et fine, sans pierres, — a une épaisseur qui varie de 10 centimètres à 3 mètres, mais ce dernier chiffre est une exception. Quoique les diamans ne se montrent en abondance que dans quelques bassins où ils ont été accumulés avec une profusion qui rappelle les merveilles fantastiques des Mille et une Nuits, il est reconnu qu’il en existe dans toute la région située aux environs du fleuve Vaal. Une circonstance assez étrange et invariable jusqu’ici pour les mines sèches, c’est qu’elles se trouvent toutes sur de faibles élévations de terrain, ou, pour parler plus justement, qu’elles sont toutes accompagnées de renflemens comme si une force intérieure avait soulevé la terre en ces endroits, ce qui a fait penser que les diamans s’y trouvent par suite d’une action volcanique. Un autre point digne de remarque, c’est que les diamans ne se rencontrent à l’état de mines que dans des bassins ou dans les environs d’un récif quelconque ayant pu former barrière, — bassin et récif intérieurs qui deviennent visibles à la suite des fouilles qui y sont opérées.