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que Sedgwick, ils auraient changé son premier succès en une victoire décisive : ils ne peuvent plus désormais qu’arrêter sa défaite. French marche sur trois colonnes : celle de gauche formée par la brigade Max Weber, celle du centre par les nouvelles recrues de Morris, celle de droite par la brigade Kimball. Parvenu sur la traverse qui conduit à Dunker-Church, et près de laquelle Green vient d’être repoussé, il leur fait faire à chacune à gauche en bataille, et, ainsi formé sur trois lignes, il attaque la droite de Mac-Laws. La première ligne s’avance bravement, mais, pendant qu’elle gagne du terrain, la seconde est exposée à un feu d’enfilade qui met en désordre les soldats inexpérimentés de Morris. Kimball les dépasse et se déploie sur la gauche de Weber. Richardson arrive promptement à la suite de French, et prolonge sa ligne encore plus à gauche avec la brigade irlandaise de Meagher, soutenue à petite distance par celles de Caldwell et de Brooks.

Le terrain sur lequel ces deux divisions allaient combattre est parsemé d’obstacles naturels et artificiels. Il est coupé par le chemin creux qui rattache la traverse venant de Dunker-Church à la route de Sharpsburg à Keedysville. Au nord-est de ce chemin, c’est-à-dire du côté des fédéraux, se trouve la ferme Roulette, entourée de champs cultivés ; de l’autre côté, la maison du docteur Piper, qui n’est qu’à quelques centaines de mètres de la route de Hagerstown et plus près de Sharpsburg que de Dunker-Church. Cette maison, solidement construite, est située dans une position dominante, qui devait lui donner une grande importance dans une pareille lutte. Entre la ferme Roulette et la maison Piper s’étend une suite de mamelons, couverts, les uns de bois, les autres de champs de maïs clos de haies, et que séparent des ravins assez profonds. C’est entre ces mamelons et parfois sur leurs flancs que serpentait le chemin creux.

French et Richardson rencontrent bientôt les soldats de Hill près de la traverse et sur la ferme Roulette. Il est dix heures et demie. C’est le moment où Sedgwick supporte à Dunker-Church l’effort de Mac-Laws. La bataille a donc repris sur toute la droite fédérale. A gauche, toujours le même silence : Burnside n’a pas bougé. Sumner prête en vain l’oreille, espérant à chaque instant entendre de ce côté le bruit de l’attaque qui doit détourner l’attention de l’ennemi. Mac-Clellan envoie inutilement à son lieutenant des ordres de plus en plus précis, en lui prescrivant d’agir sur-le-champ et avec toutes ses forces. Le combat reste toujours limité à la droite. Lee en profite pour détacher encore une division du corps de Longstreet et oppose R. H. Anderson à French et à Richardson, dont les progrès deviennent menaçans. Longstreet reste ainsi chargé de