Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/281

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


défendre toute la ligne de l’Antietam avec une seule division, celle de Jones, forte de 4,000 à 5,000 hommes au plus.

Tandis qu’Anderson se joint aux troupes déjà fatiguées de Hill pour attaquer Richardson, Mac-Laws, renonçant à chercher Sedgwick dans le bois où il s’est replié, et ne pouvant se maintenir dans la clairière, où ses soldats sont trop exposés, se jette sur le flanc droit de French, qui a été découvert par la retraite de Sedgwick et de Green ; mais il ne peut l’entamer. Plus loin, sur la gauche fédérale, la brigade irlandaise résiste avec une rare énergie. à tous les assauts des confédérés. Son chef, le général Meagher, est blessé : il est remplacé par le colonel Burke, qui conduit ses compatriotes avec autant de courage que de sang-froid. Suivant leur tactique habituelle, les confédérés réunissent toutes leurs forces, pour faire une brusque attaque, tantôt sur un point de la ligne ennemie, tantôt sur un autre, en profitant des intervalles que le combat ouvre entre les diverses brigades qui la composent ; partout on est prêt à les recevoir, et ce sont les fédéraux qui bientôt reprennent l’avantage. La ferme Roulette est occupée, la ligne de mamelons est conquise, et le combat s’engage près du chemin creux, qui offre encore aux confédérés un abri et un excellent moyen de défense. French ne peut les en déloger ; mais à sa gauche Richardson poursuit son succès. La brigade de Caldwell, par un passage de ligne exécuté avec précision, a pris la place des Irlandais. Deux de ses régimens, commandés par un jeune officier d’avenir, on pourrait presque dire un adolescent, le colonel Barlow, prennent de flanc le chemin creux, qui n’a pu être enlevé de front, et obligent l’ennemi à l’abandonner en y laissant 300 prisonniers et trois drapeaux. Les brigades confédérées G. B. Anderson et Rodes, de la division D. H. Hill, sont poussées, l’épée dans les reins, par Richardson à travers un vaste champ qui s’étend jusqu’à la maison Piper. R. H. Anderson cherche à réparer cet échec en attaquant son flanc gauche, mais Barlow prévient ce mouvement, le rejette dans les vergers, et s’empare enfin de la maison Piper. Il est environ midi. Comme nous l’avons indiqué, Richardson n’est plus qu’à quelques centaines de mètres de la route de Hagerstown, presqu’à portée de canon des premières maisons de Sharpsburg. En s’avançant ainsi, il a tourné Dunker-Church ; pour peu qu’il continue, il obligera les confédérés à laisser le champ libre à Sedgwick et à lui livrer, avec la clairière, les bois tant de fois disputés depuis le matin. A sa gauche, Pleason-ton suit son mouvement avec trois batteries d’artillerie à cheval, couvre son flanc, et, occupant le terrain qui le sépare de l’Antietam, déloge les détachemens laissés par Lee à la garde du pont de la route de Keedysville. Ce passage est donc libre, et Porter peut désormais franchir sans difficulté l’Antietam avec ses deux divisions.