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médicales, n’est que le système cantonal modifié. Il consiste à diviser le canton en circonscriptions médicales, ayant pour centre la résidence du médecin. Si l’on réussit à créer autant de circonscriptions qu’il y a de praticiens dans le canton, on voit qu’on fait disparaître le principal inconvénient du système précédent, c’est-à-dire les deux catégories de médecins, et qu’on peut les utiliser tous pour le service de l’assistance ; le médecin se trouve rapproché du malade, et cette proximité est à elle seule un grand bienfait. — Malheureusement c’est là une combinaison plus théorique que pratique. Les médecins ne sont pas répartis dans le département pour la plus grande commodité du fonctionnement de ce système. Les uns sont trop rapprochés, les autres trop éloignés, parfois ils sont tous réunis au chef-lieu de canton, et dans ce cas les circonscriptions médicales auraient toutes le même centre. On voit donc que, suivant les localités, ce second système peut être d’une application commode, ou n’offrir au contraire aucun avantage.

Reste le troisième système ou système landais, ainsi nommé parce qu’il a d’abord fonctionné dans le département des Landes. Si on le réduit à sa plus simple expression, voici en quoi il consiste. Le malade est libre de faire appel à tous les médecins et pharmaciens qui, dans une circonscription déterminée, ont accepté un tarif spécial pour les visites et les médicamens ; il peut même appeler un médecin en dehors de la circonscription, si celui-ci consent à donner ses soins aux conditions du tarif de l’assistance. La liberté est réciproque, c’est-à-dire qu’elle existe pour le médecin comme pour l’indigent. Dans ce système, la rétribution est proportionnelle au nombre des visites. On peut cependant procéder par voie d’abonnement avec les communes, soit en raison du nombre des malades, soit en raison du nombre des indigens inscrits. On a aussi proposé de faire varier le prix des visites suivant leur importance, suivant la distance, suivant qu’elles se font de jour ou de nuit. M. le docteur Chevandier, député de la Drôme, est l’inventeur d’un système de rémunération kilométrique qu’il a fait appliquer dans l’arrondissement de Die. Le prix de chaque visite est tarifé sur le nombre de kilomètres qui séparent le malade du domicile de son médecin. Si les communes veulent recourir à l’abonnement, le calcul sera basé sur la somme de kilomètres que représentent ensemble toutes les familles visitées par le même médecin, Ainsi par exemple une famille de quatre membres située à 7 kilomètres représente 28 ; une autre de cinq membres, située à 6 kilomètres, représentera 30. En additionnant ainsi toutes les familles, et en multipliant le total par le prix évalué du kilomètre, on aura le chiffre de l’abonnement.

De tous ces systèmes, quel est le meilleur ? On serait fort