Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/949

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jour des derniers travaux parlementaires. L’ordre du jour en effet se règle et s’épuise tout seul à chaque instant. Tout se réduit à savoir si ces derniers travaux pourront être conduits avec assez de promptitude pour que l’assemblée, au moment où elle se séparera dans quelques semaines, n’ait plus qu’à prendre la grande résolution, à trancher d’un vote décisif le différend entre ceux qui voudraient ajourner encore et ceux qui croient le moment venu d’entrer tout simplement dans la pratique des institutions nouvelles.

Les partis n’abdiquent pas facilement, nous le savons bien, ils résistent à la puissance des choses aussi longtemps qu’ils peuvent et ce qui se passe encore à Versailles est assurément une preuve de plus de cette ténacité désespérée. L’œuvre constitutionnelle du 25 février a été sanctionnée, soit. Ceux qui ont épuisé toutes les ressources de la passion et de la tactique pour arrêter au passage cette malheureuse constitution ne se tiennent pas pour vaincus. Après avoir échoué, ils n’ont d’autre souci que de chercher des combinaisons pour annuler ou dénaturer ce qu’ils n’ont pas pu empêcher. Même aujourd’hui, sous le coup de tout ce qui s’est accompli, d’habiles stratégistes de la droite se font l’étrange illusion qu’ils pourront réunir les tronçons épars de la majorité du 24 mai, et il y a cela de curieux que, s’ils réussissaient à reconstituer un instant cette majorité, ils ne sauraient qu’en faire. L’inconvénient le plus grave de ces tentatives, c’est qu’en étant impuissantes par elles-mêmes, elles sont toujours un embarras ; elles n’ont aucune chance de succès définitif, elles peuvent fausser les conditions parlementaires, créer au gouvernement des difficultés, compliquer les discussions, contribuer à prolonger une situation incertaine, pénible, dont on ne peut avoir raison que par la sûreté de l’esprit politique, par la netteté des résolutions, comme aussi par l’accord persévérant des fractions modérées qui ont créé l’ordre nouveau. Au demeurant, que reste-t-il à faire pour l’assemblée à l’heure qu’il est ? Les questions essentielles qui s’imposent en quelque sorte à elle, dont elle s’occupe déjà ou dont elle va prochainement avoir à s’occuper, se réduisent à trois : les lois complémentaires de la constitution que le gouvernement a proposées, que la commission modifie bien légèrement, la loi sur la liberté de l’enseignement supérieur, qui est en ce moment même l’objet du plus grave, du plus éloquent débat, qui touche aux problèmes les plus élevés, — et le budget. Tout ce que l’assemblée a sérieusement à faire est là ; le reste, on peut le dire, est épisodique et n’a qu’une importance relative. La loi sur la presse elle-même, si elle finit par arriver, peut être approuvée, subie ou repoussée sans qu’il en résulte des conséquences politiques bien sensibles. A la rigueur, la loi sur la presse serait écartée, ce ne serait pas un événement, — si ce n’est cependant pour les bonapartistes, qui, en ayant le décret paternel de 1852 dans leur bagage, ont bien