Page:Revue des Deux Mondes - 1876 - tome 18.djvu/544

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LES SOUVENIRS
DU
CONSEILLER DE LA REINE VICTORIA

VII.[1].
TROIS VISITES ROYALES A WINDSOR.

La reine Victoria, sans exciter aucune défiance dans le parlement, avait obtenu le résultat que poursuivait si ardemment son amour, l’élévation politique et morale du prince Albert. Le prince était quelque chose de plus que le mari de la reine, il était le maître de la maison et le ministre permanent de la royauté. Au foyer de famille comme dans les affaires d’état, il avait trouvé la position qui convenait à sa dignité personnelle. C’est vers la fin de l’année 1841, sous le ministère de sir Robert Peel, que cette transformation s’était accomplie silencieusement. Plus tard des murmures éclateront à ce sujet, il y aura des plaintes, des propos amers, il y aura même de véritables dénonciations à la chambre des communes ; en 1841, personne ne proteste, et pendant une douzaine d’années on peut croire que la situation est définitivement acquise.

Cette victoire arrivait fort à point pour le prince Albert, car il se trouve que, de 1841 à 1844, trois visites royales auxquelles se rattachaient de grands intérêts politiques vinrent animer le château de Windsor. Au commencement de 1842, ce fut le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, qui, sur l’invitation expresse de la reine

  1. Voyez la Revue du 1er, janvier, du 1er février, du 1er mars, du 1er mai, du 15 août et du 1er novembre.