Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/416

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exposait avec clarté et chaleur les magnifiques résultats de ses études. Le soir, après l’excursion de la journée, l’entretien se prolongeait encore. Enfin, de retour à Bonn, le maître improvisé mit sous les yeux de son jeune auditeur quelques préparations microscopiques qu’il avait apportées et lui fit apprécier par lui-même la netteté et l’importance des faits qui avaient été l’objet de leurs longues causeries. Quelques jours plus tard, en quittant Zirkel, il laissait en lui un disciple enthousiaste, qui désormais, se consacrant entièrement aux études de géologie micrographique, allait bientôt dans cette voie marcher de découvertes en découvertes, grouper autour de lui un essaim de travailleurs et devenir l’un des savans les plus célèbres de l’Allemagne.

Cependant, toutes les fois qu’une nouvelle méthode scientifique est introduite dans un pays, il est rare qu’elle y reçoive tout d’abord l’accueil qu’elle mérite. Zirkel, établi à Vienne dans le laboratoire de géologie chimique de Karl von Hauer, y était pour ainsi dire isolé. Ses recherches ne rencontrèrent dans les premiers temps que l’incrédulité ou l’indifférence. Enfin, en 1867, une série de publications sur des roches diverses, dont il dévoilait la structure et la composition minéralogique, démontrèrent la fertilité inépuisable du nouveau champ d’études. Depuis cette époque, successivement professeur dans les universités de Lemberg, de Kiel et de Leipzig, il n’a cessé d’enrichir la minéralogie et la géologie d’une suite continue d’observations. Son laboratoire, installé actuellement dans un vaste local à Leipzig et parfaitement aménagé, est un centre scientifique des plus fréquentés, d’où sortent chaque année de remarquables travaux.

A l’époque où Zirkel débutait dans la voie où il s’est illustré, Vogelsang, un de ses condisciples, uni d’abord avec lui par les liens de l’amitié et bientôt par ceux d’une alliance de famille, s’était également passionné pour le genre de recherches patronné par Sorby. Attaché comme professeur à l’École polytechnique de Delft, il a, durant sa trop courte carrière, été l’une des gloires scientifiques du pays qui l’avait adopté. Zirkel, son émule, a cultivé avant tout l’observation pure ; Vogelsang a été essentiellement expérimentateur. A mesure que le microscope lui révélait quelque détail nouveau sur la structure ou le mode d’association des minéraux, aussitôt il rêvait aux moyens d’en connaître la cause. Il exécutait alors d’ingénieuses expériences et en déduisait des conclusions théoriques d’une haute portée. Son œuvre capitale a été une philosophie de la géologie, travail hardi dont le titre seul fait deviner les puissantes aspirations dont il était vivifié.

En 1872, date à laquelle disparaissait Vogelsang, enlevé par une mort inattendue, Rosenbusch, professeur à l’université de Fribourg