Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/417

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en Brisgau, entrait à son tour dans l’arène et imprimait une nouvelle impulsion à la géologie micrographique.

Jusqu’alors on n’avait guère appliqué à l’étude des roches cette variété particulière de lumière que les physiciens désignent sous le nom de lumière polarisée ; on opérait presque exclusivement à la lumière naturelle. Malgré les succès obtenus dans ces conditions par Zirkel et Vogelsang, un emploi méthodique de la lumière polarisée ne pouvait manquer de constituer un important progrès. Une systématisation régulière de ce genre d’observations était appelée à rendre les plus grands services dans les recherches pétrographiques ; mais un esprit, lucide et didactique, réunissant avec une vaste érudition un sentiment profond des besoins de la science, pouvait seul mener à bonne fin une pareille entreprise. Rosenbusch possédait toutes les qualités requises, aussi a-t-il parfaitement atteint le but proposé. Avec un rare talent, il a su mettre en œuvre les nombreux documens optiques consignés dans les savans mémoires d’Haidinger, de Tschermak, de Des Cloizeaux. Les ouvrages qu’il a publiés exposent avec netteté les principes de l’optique minéralogique et les applications spéciales qu’on doit en faire à chaque minéral. Une science peut être considérée comme définitivement constituée, comme reposant sur des bases solides, quand elle a donné lieu à des ouvrages classiques de cette valeur.

Actuellement les études de pétrographie micrographique sont cultivées dans toute l’Allemagne avec une ardeur sans égale ! En Suède, en Autriche, elles ne rencontrent pas une moindre faveur. A Prague notamment, elles ont trouvé dans le professeur Boricky un interprète savant en même temps, qu’un expérimentateur habile. Chose curieuse et difficile à expliquer, c’est dans leur pays d’origine, en Angleterre, qu’elles semblent aujourd’hui se développer le plus péniblement.

En France, elles sont encore confinées dans un bien petit cercle d’adeptes zélés, mais l’étroit laboratoire qui les réunit dans son enceinte a déjà produit de nombreux résultats ; L’observation et l’expérience y ont été l’une et l’autre pratiquées avec succès ; des perfectionnemens, jugés considérables par les savans étrangers, y ont été apportés, aux méthodes usitées jusqu’alors par les géologues micrographes, et surtout des données précises y ont, été acquises sur la genèse des minéraux et des roches.


II

Parmi les faits mis en lumière par les applications du microscope an la pétrologie, il en est quelques-uns dont l’importance