Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/418

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justifie immédiatement le rôle considérable que l’on attribue maintenant à ce genre de recherches.

La minéralogie, par exemple, lui doit la connaissance de la structure et du mode de formation d’un grand nombre d’espèces cristallines. Naguère on attribuait volontiers une homogénéité complète à tout cristal bien individualisé par ses formes extérieures. Le microscope a montré que, dans la plupart des cas, une telle opinion était une erreur. Dès que les dimensions d’un cristal atteignent un ou deux dixièmes de millimètre, presque toujours on peut constater que sa structure est complexe. Fréquemment on le voit composé de zones concentriques correspondant aux stades successifs qui ont signalé le cours de son accroissement. Ces couches emboîtées se distinguent tantôt par leurs colorations à la lumière naturelle, tantôt par des traits fins marquant la limite de chacune d’elles, tantôt par les teintes spéciales qu’elles affectent à la lumière polarisée. Une telle disposition montre alors que le développement du cristal a été discontinu ; des périodes d’accroissement rapide étaient séparées par des temps d’arrêt ou de ralentissement marqué. Durant ce temps, la température et la composition chimique du milieu dans lequel s’opérait la cristallisation variaient incessamment, et ces changemens entraînaient avec eux les modifications que l’on remarque dans les propriétés physiques de chacune des zones du minéral.

Parmi les substances cristallines le plus habituellement répandues dans les roches volcaniques, il en est une, le pyroxène, qui fournit fréquemment des exemples de la structure dont il vient d’être question. Le pyroxène se montre composé de dépôts successifs bruns et verts. Ce corps est un silicate ferrugineux ; les parties brunes qu’on observe dans ses échantillons zones correspondent à des périodes durant lesquelles la formation s’est opérée en présence d’agens oxydans ; les parties vertes ont pris naissance sous des influences contraires.

Des conclusions intéressantes peuvent également se déduire d’observations analogues relativement à la température et à l’état de tranquillité ou de mouvement du milieu qui engendrait les cristaux ; mais les déductions les plus remarquables parmi celles auxquelles conduit l’examen de la structure des minéraux se tirent de la considération de ces particules de matières étrangères que le microscope fait apercevoir au sein de presque toutes les substances cristallisées. Ces inclusions qui se sont trouvées enfermées dans les cristaux en voie de formation ont été protégées ensuite contre les actions destructives par les parois même de leur étroite prison. Elles sont les restes et les témoins authentiques du milieu dans