Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/436

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à la lumière naturelle leur forme et leur aspect ; mais, quand on les examine entre les nicols croisés, on s’aperçoit qu’ils sont détruits, on constate qu’ils ont perdu leur action sur la lumière polarisée et que leur place est occupée par un simple dépôt de silice gélatineuse. Les acides les plus énergiques, tels que l’acide sulfurique, l’acide fluorhydrique, peuvent être utilisés dans ce genre de recherches, à la condition de prendre quelques précautions pour empêcher l’attaque du verre qui porte la préparation. Enfin la gouttelette de liquide qui a servi à l’attaque est l’objet de recherches qualitatives, destinées à découvrir la nature des élémens chimiques dissous ; ou bien encore on l’évapore à froid sur un verre enduit d’un léger vernis résineux et l’on observe au microscope les cristaux qui résultent de cette évaporation. Ces manipulations chimiques, effectuées souvent sur une fraction de milligramme de matière et avec une goutte de réactif, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la sensibilité et de la précision.

Le seul inconvénient d’une telle méthode consiste en ce qu’elle perd presque toute sa valeur lorsque, dans la lamelle mince ainsi traitée, il existe à la fois plusieurs minéraux attaquables. Alors elle ne fournit plus qu’un résultat complexe, dont il est rarement possible de démêler les élémens, et il devient indispensable d’extraire chaque minéral du milieu qui le renferme, de manière à le soumettre séparément aux essais chimiques. Mais comment réaliser cette opération ? Comment isoler des particules cristallines visibles seulement à l’aide d’instrumens grossissans et fortement agrégés ensemble ? Réduire une roche en fine poussière et examiner chaque granule au microscope, puis opérer mécaniquement le triage, est une opération impraticable. Il a fallu chercher d’autres procédés.

L’un des moyens imaginés consiste dans l’emploi d’une solution concentrée d’iodure de mercure dans l’iodure de potassium. Cette dissolution possède une telle densité qu’un très grand nombre de minéraux flottent à sa surface. On sépare donc immédiatement les substances cristallines surnageantes d’avec celles qui tombent au fond du liquide. Mais on peut même pousser la division plus loin ; en effet, si l’on additionne peu à peu la dissolution de très petites quantités d’eau, on voit successivement plonger les échantillons des différentes espèces cristallines, au fur et à mesure que la densité du liquide devient inférieure à celle qui leur appartient.

Un second procédé repose sur l’emploi d’un puissant électroaimant, à l’aide duquel on enlève tous les élémens ferrugineux d’une roche pulvérisée. Comme résidu du traitement, on obtient une poudre blanche cristalline, composée des minéraux exempts de fer, en quelque petite quantité qu’ils se trouvant.

Enfin l’extraction des minéraux ferrugineux s’opère très bien à