Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/477

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publique lui-même ne serait pas encore d’effacer tout simplement cet article 7 dont le premier effet est de dénaturer cette question de l’enseignement qu’on devrait s’étudier à dégager des contradictions irritantes. On conviendra bien dans tous les cas que, si on a voulu faire une manifestation de parti, un acte tout politique, comme cela ne semble pas douteux et comme on l’avoue d’ailleurs, le moment n’est peut-être pas des plus opportuns : il n’est bien choisi ni au point de vue intérieur, ni au point de vue extérieur. La république, sans doute, est désormais entrée dans la phase définitive et régulière. Elle a sa constitution incontestée, ses pouvoirs faits à son image, son président, ses majorités républicaines dans les deux chambres. Elle a renouvelé presque entièrement son administration et une partie de la magistrature. Ces jours derniers encore, M, le ministre des finances rappelait aux fonctionnaires qui relèvent de son autorité la fidélité qu’ils doivent aux institutions du pays. La chambre des députés vient de voter une loi qui permet au gouvernement, sinon de reconstituer complètement le conseil d’état, du moins de le réorganiser, de l’augmenter et de lui donner pour ainsi dire une institution nouvelle. En un mot, la république est vivante, elle a l’avantage de rester le gouvernement nécessaire, puisqu’elle est le seul gouvernement possible ; mais enfin elle commence, et la chance la plus sérieuse de succès et de durée pour elle, c’est assurément de ne point dévier de cette « politique de conciliation et d’apaisement » que M. le ministre des travaux publics rappelait tout récemment encore au sénat avec une éloquence persuasive, qui répond à la pensée de M. le président du conseil et de plusieurs autres membres du cabinet. C’est peut-être plus vrai encore aujourd’hui, en présence de cette tragédie où vient de disparaître le jeune représentant des traditions napoléoniennes. Le prince impérial qui vient d’être ramené en Angleterre et d’être enseveli avec les honneurs que la nation anglaise devait à un jeune homme mort pour sa cause, le prince impérial n’était pas un danger, sans doute ; il pouvait après tout le devenir dans certains momens. Sa disparition soudaine et imprévue délie en quelque sorte les opinions, dissout cette masse qui, par habitude ou par un vague instinct, revenait de temps à autre encore vers l’empire, Est-ce que le premier intérêt de la république n’est pas de faire de ce côté comme de tous les autres la propagande de la modération et de la tolérance, de laisser toutes ses portes ouvertes, bien entendu sans oublier de les garder, de montrer qu’elle est le gouvernement de tout le monde, non d’un parti Impatient de faire sentir sa domination, de tout marquer à son effigie ? C’est sa raison d’être et sa force au point de vue intérieur.

Ce n’est pas tout. Dans un pays comme la France, la politique n’a point sans doute à se subordonner à l’influence de tout ce qui se passe au dehors ; elle commence par s’inspirer d’elle-même, des vrais intérêts publics. Il est bien clair cependant que des hommes prévoyans et