Page:Revue des Deux Mondes - 1879 - tome 34.djvu/697

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Avant d’entreprendre la description de l’isthme de Panama, M. Reclus a voulu faire connaître les sources auxquelles, lui et ses collègues, ont puisé les documens soumis au congrès. En 5643, nous a-t-il appris, un Français, M. Napoléon Garella, ingénieur en chef des mines, fit la première étude sérieuse d’un projet de canal. Il exécuta la triangulation de l’isthme entre Chagres et Panama et en fit la géodésie ; complète ainsi que le nivellement. La carte qu’il a publiée et son rapport d’ensemble ont fourni de précieux documens pour dresser le plan au vingt millième qui a servi à tracer la ligne d’axe du canal proposé. M. Reclus a déclaré avoir également puisé dans la carte de M. Moritz Wagner, dans celle de M. Thomas Harrison, ainsi que dans les documens du plan et des nivellemens du chemin de fer de Panama.

Bien que l’isthme de Panama ne soit pas le plus étroit, puisqu’il mesure 56 kilomètres, alors que l’isthme de Blas en mesure 50, il n’en offre pas moins les conditions préférables pour un canal à niveau par suite de la faible altitude de son col, 87 mètres. La côte de l’Atlantique offre pour le débouché d’un canal la magnifique baie de Limon, d’une superficie de 35 kilomètres carrés, avec des fonds de 9 mètres. Les vents du nord y sont rares, les ouragans inconnus ; en tout cas, l’établissement d’une digue de 900 mètres suffirait pour en protéger l’entrée et assurer le mouillage des navires. Le courant marin, qui longe la côte est assez fort pour déblayer les quelques alluvions que pourrait déposer le Chagres à l’entrée du canal projeté. Ce courant pénètre assez profondément dans la baie pour y maintenir des fonds de 9 mètres. Quant aux marées, elles sont irrégulières et de peu d’amplitude. Les plus fortes accusent 0m,50 ; les moyennes n’ont que 34 centimètres. Il n’en est pas de même, paraît-il, sur la côte du Pacifique, où M. Reclus nous apprend que le canal devra avoir 3 kilomètres de prolongement dans la rade de Panama pour rencontrer des fonds de 9 mètres aux abords des îles Flamenco et Perico, dont le mouillage est très abrité et les fonds d’excellente tenue. Les marées y ont 6m,49 d’amplitude maximum et 4m,29 de moyenne. Les vents y soufflent moins favorablement que sur l’autre côté pendant deux mois de l’année, mais ils sont généralement réguliers et ils amènent un temps sec. La rade de Panama se trouve en dehors de la région des calmes et de celle des ouragans ; elle est réputée des plus sûres. Les grandes houles y sont rares, elles ne se font sentir qu’avec le jusant et cessent avec le flot. Un courant général longeant la côte ouest avec une vitesse de deux nœuds favorise la sortie des navires.