Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/245

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une crise violente. L’exercice en cours pourra être peu productif ; elles peuvent attendre des temps meilleurs. Il en est de même de la Banque de Paris, dont la situation a été moins atteinte encore, et qui a déjà en caisse pour 1882 un dividende égal à celui de 1881, de la Banque franco-égyptienne, qui est en mesure de distribuer 35 francs par action libérée de 250 francs, du Crédit mobilier, qui va répartir un dividende de 45 francs. Il en est de même a fortiori pour les établissemens qui n’ont pas même eu à souffrir la plus légère atteinte de la crise, comme le Crédit industriel, la Société de dépôts, le Comptoir d’escompte, le Crédit foncier et enfin la Banque de France, dont les affaires et les services ont pris un tel développement, que les recettes se maintiennent aux taux les plus élevés, malgré rabaissement du taux de l’escompte.

Les préoccupations causées par la crise des institutions de crédit ont contribué à ralentir encore pendant la seconde moitié d’avril l’activité des transactions. Rarement le marché a été aussi peu animé depuis les journées si mornes qui avaient suivi la catastrophe. La spéculation, qui s’était un peu enhardie en croyant que la crise était terminée, est redevenue timide aussitôt que la haute banque a paru vouloir déblayer plus complètement le terrain par un certain nombre d’exécutions. Aussi bien sur les rentes que sur la plupart des valeurs, les affaires ont été presque nulles jusqu’aux derniers jours du mois ; les opérations au jour le jour des échelliers, en donnant lieu à des fluctuations de quelques centimes sur le 5 pour 100, ont été à peu près le seul élément de négociations. Au moment de la réponse des primes, le marché s’est réveillé un peu de sa torpeur, et grâce à des rachats que des vendeurs de primes se sont vus obligés de faire, le 5 pour 100 a pu être porté à 118 65.

L’attitude du marché, si nous considérons les résultats d’ensemble, ne s’est donc pas modifiée. La fermeté a dominé sur les rentes et sur les grandes et bonnes valeurs, tandis que la dépréciation des titres douteux s’est par contre accentuée. A côté du Crédit foncier, de la Banque de Paris, de la Banque de France, il convient de noter, comme ayant conservé une excellente tenue, la plupart des valeurs industrielles dont s’occupe la spéculation, les actions des Chemins français, le Gaz, les Omnibus, les Voitures, et surtout les titres de la Compagnie de Suez.

Ces derniers ont bénéficié depuis quinze jours d’une nouvelle et considérable plus-value. D’une part, les recettes des quatre premiers mois sont très brillantes et dépassent les prévisions les plus optimistes ; de l’autre, il va être procédé à une mesure dont l’exécution était impatiemment attendue par la spéculation ; les porteurs de Parts civiles sont convoqués en assemblée générale pour statuer sur la division de ces titres en cinquièmes. L’action a monté de 120 francs, la Part civile de 150 et la part de fondateur de 50 francs.