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I. LES ANNÉES DE JEUNESSE


Correspondance inédite de Charles Nodier, 1796-1844, publiée par M. Estignard ; 1876.


Voici un sujet, facile et simple en apparence, qui est cependant de la plus embarrassante complexité. Même en la dégageant, comme nous allons le faire, de tout son bagage d’entomologie, de linguistique, de bibliographie, et en la réduisant à la partie purement imaginative, l’œuvre de Nodier reste encore d’une riche, mais déconcertante variété. Quand on essaie de la ramasser sous l’œil de l’esprit, l’ensemble en paraît sans harmonie et laisse plutôt frappé des dissemblances que des affinités. Chacune de ces productions est comme une aventure d’imagination, et l’on sait que ce qui distingue l’aventure : c’est qu’elle ne vaut que pour une fois. Le nom de Nodier prononcé n’évoque l’idée de rien de bien distinct et qui lui appartienne d’une manière absolue et permanente. C’est qu’en effet dans ce pays de l’imagination et du sentiment qu’il a parcouru en tout sens, il n’est pas une hôtellerie où Nodier n’ait logé au moins une nuit, pas une villa, pas un manoir dont il n’ait