Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 52.djvu/73

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ne se repose jamais, — est devenu sur nos cartes modernes le Djelam, bien que les Hindous qui habitent sur ses bords lui conservent encore son nom antique à peine altéré, — Bedusta. — L’Acésinès, — Asikni, l’Eau noire, — se retrouve dans le Chenab ; l’Hydraote, — Irawartii, l’Eau, — est resté pour les indigènes l’Iraoti ; nous l’appelons, je ne sais trop à quel titre, le Raivi ; l’Hyphase — Vipasa, l’Indomptable, — est le fleuve que nous désignons sous le nom de Bias. Quand le Bias a confondu ses eaux avec celles du Sutledje, qui fut dans l’antiquité l’Hesudrus, le lit commun qu’emplissent les deux rivières s’appelle le Ghara et forme la limite orientale du Pendjah.

Vers la fin du printemps de l’année 326 avant Jésus-Christ, Alexandre, n’ayant plus d’Assacéniens, ni d’Astacéniens à soumettre, se décida enfin à franchir l’Indus, La vaste surface comprise. entre ce fleuve et l’Hydaspe, souvent inondée, a reçu l’appellation caractéristique de Sind-Sangor, — l’Océan de l’Indus, — Alexandre l’abordait heureusement avant la saison des pluies ; la province était riche et le trésor de sa capitale, Taxila, renfermait encore, cinquante ans après la mort d’Alexandre, plus de 225 millions de francs. Le chef de Taxila, rajah puissant, mais rajah constamment inquiété par ses voisins, avait pris, suivant la coutume indienne, ou reçu des Macédoniens, le nom de la ville qui était devenue le lieu habituel de sa résidence. de n’est donc plus à Omphis on à Mophis que il’aimée grecque va ouvrir ises rangs, mais mi pharaon du Sind-Sangor, à Taxile. Menacé par Abisarès, le roi de Cachemyr, et par Porus, — Purusba, le Héros, — dont la domination s’étendait de l’Hydaspe à l’Hyphase, Taxile n’hésita point à faire à Éphestion l’accueil le plus favorable ; néanmoins, tant que l’armée demeura sur la rive droite de l’Indus, il ne jugea pas prudent de proclamer trop hautement ses sympathies et crut devoir se borner à fournir gratuitement aux troupes étrangères qui occupaient, la rive droite du Cophès le blé nécessaire à leur subsistance. Dès que les Macédoniens eurent passé le fleuve, il fit trêve à ses scrupules et se donna tout entier à leur alliance.

Taxila, au rapport des pèlerins chinois qui la visitèrent dans le cours du VIe siècle de notre ère, était située à trais journées de marche de l’Indus, Assuré de ne rencontrer aucune hostilité devant lui, Alexandre s’y porte sur-le-champ et confirme le pouvoir du prince qui s’est déclaré le premier son allié ; en même temps, fidèle à sa politique, il donne pour satrape à la province indienne un Macédonien, Philippe, fils de Machate, et pour garnison à la capitale les soldats que leurs blessures ont mis hors de combat ; ces dispositions prises, il poursuit, sans s’arrêter davantage, sa marche en avant vers l’Hydaspe.