Page:Revue des Deux Mondes - 1884 - tome 63.djvu/167

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A la fin du mois de novembre dernier, le 27, au soir, les habitans de Paris furent surpris de voir au ciel une couleur extraordinaire. Elle commença un peu avant le coucher du soleil et se continua plus de deux heures après, jusqu’à la nuit close, donnant aux monumens une teinte étrange de cuivre rouge et rappelant l’aspect d’une aurore boréale. On la prit d’abord pour telle, ce qui était inexact, puisqu’on la voyait vers l’ouest, non au nord, qu’elle n’avait aucune influence sur la boussole, que ce n’était pas un éclairement propre du ciel et qu’elle suivait le mouvement du soleil, dont elle n’était qu’un reflet. C’était simplement le crépuscule, mais un crépuscule extraordinaire, plus accentué que de coutume, et remarquable par son éclat, sa couleur, et sa durée.

Au matin suivant, la même coloration précéda le lever du soleil, offrant les mêmes effets en sens inverse ; elle se renouvela le lendemain et pendant plus de deux mois avec des intensités diverses. Elle ne fut pas particulière à Paris ; on apprit par les journaux qu’elle avait été vue à peu près à la même époque dans l’Europe entière et en Amérique, un peu plus tôt dans l’Inde, l’Australie et l’Afrique : c’était donc un phénomène général, provenant d’une cause unique, et qui paraissait s’être propagé de proche en proche sur la terre entière. Partout il avait excité le même étonnement, la