Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 75.djvu/210

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Théâtre de la Monnaie de Bruxelles : Saint-Mégrin, opéra-comique en 4 actes, tiré du drame Henri III, de Dumas, par MM. Dubreuil et Adonis, musique de MM. P.-L. Hillemacher. — Théâtre de l’Opéra-Comique : Plutus, opéra-comique en 3 actes, de MM. A. Millaud et G. Jollivet, musique de M. Ch. Lecocq. — Concerts Colonne et Lamoureux : Rubezahl, légende symphonique, paroles de MM. Cerfberr et de l’Église, musique de M. Huë ; le Chant de la cloche, paroles et musique de M. V. d’Indy.


Fidèle jusqu’à la fin à ses traditions d’hospitalité et de courtoisie pour la musique française, l’Opéra de Bruxelles, victime aujourd’hui d’un désastre que nous déplorons, a représenté avec succès l’œuvre de deux de nos compatriotes, MM. Hillemacher. Le théâtre de la Monnaie n’était pas de ceux où pouvait se graver l’inscription que fut Dante au seuil de son enfer ; ses portes s’ouvraient à toutes les espérances : devant les maîtres du présent, comme l’auteur d’Hérodiade ou celui de Sigurd, et devant les débutans, comme les auteurs de Saint-Mégrin, qui deviendront peut-être des maîtres à leur tour.

Le livret de Saint-Mégrin est emprunté au drame d’Alexandre Dumas, Henri III et sa Cour, un des premiers et des plus éclatans manifestes de l’école romantique. Les amours de Saint-Mégrin et de la duchesse de Guise, dans un cadre comme la cour des Valois, prêtaient également à la musique dramatique et à la musique décorative. Le sujet comportait des personnages actifs, passionnés, se détachant avec relief, comme sur un fond de tableau, dans une période d’histoire pittoresque et colorée. Les musiciens de Saint-Mégrin ont trop faiblement