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LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

La souscription à l’emprunt de 500 millions a été ouverte le 10 courant et close le même jour. Le prix d’émission avait été fixé à 79.80, d’après les indications fournies au ministre par la liquidation de fin avril, où le 3 pour 100 se trouvait compensé à 82 francs.

Ce prix d’émission pouvait paraître un peu hardi ; le mois précédent, le cours de compensation du 3 pour 100 avait été 80.30. On se tenait donc à peine à 0 fr. 50 au-dessous du point extrême atteint par la baisse de préparation à l’emprunt. De plus, les affaires ont paru se gâter en Grèce au moment même où les guichets du trésor allaient s’ouvrir à l’épargne.

L’emprunt a néanmoins obtenu tout le succès espéré. Il a été couvert vingt et une fois. Toutes les souscriptions ont été démesurément enflées, parce que chacun savait qu’il fallait demander beaucoup plus que ce que l’on voulait obtenir.

On avait fait argent de tout et battu monnaie par tous les moyens à Paris et à Londres. L’importance du concours donné par la Banque de France à la souscription apparaît dans les chiffres du dernier bilan. Par l’escompte de billets et par des avances sur titres, notre grand établissement a fourni plus de 700 millions à la place, somme qui lui est immédiatement revenue sous forme de versemens au compte courant du trésor et aux comptes courans particuliers.

Paris a demandé dix-neuf fois l’emprunt, les départemens deux fois et un cinquième. On sait que le versement de garantie à effectuer en souscrivant était de 15 francs par 3 francs de rente. Il a été demandé pour 401 millions de rente ; le versement s’est donc élevé à 2 milliards.

Sur les 401 millions de rente, Paris a souscrit 359 millions, les départemens 42. Dans la souscription de Paris figurent les demandes faites pour le compte de l’étranger.

Le nombre des souscripteurs a été de 247,000, en comptant pour une unité les souscriptions en bloc présentées par les grands établissemens de crédit et par les agens de change. Il n’avait été que de 115,000 lors du dernier emprunt, fait en 1884 en rente 3 pour 100 amortissable.

Les souscriptions d’unités ont été relativement peu nombreuses, ne