Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/703

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Le cœur de l’homme est un abîme. Lorsque ces lignes paraîtront, la dernière pièce de M. George Ohnet : Dernier Amour, aura disparu de l’affiche du Gymnase.

Huit jours auront suffi pour filer le suaire
Du père et de l’enfant.

Et dans la mémoire des spectateurs de ce mélodrame il ne survivra plus que le souvenir de l’étrange coiffure de M. Raphaël Duflos. Si l’occasion m’est enlevée de parler ici de Dernier Amour, je devrais donc m’estimer heureux, et même, il semble que je dusse avoir à M. George Ohnet quelque reconnaissance de sa chute. Qu’aurais-je pu dire de M. George Ohnet, de son théâtre et de ses romans, que n’en aient dit avant moi l’auteur de Thaïs, ou celui du Député Leveau, l’un avec son aimable « indulgence » et l’autre avec sa sérénité « d’indifférence » habituelle ? Et cependant, je ne suis pas content ! Je suis fâché que, pour la première fois peut-être, depuis Serge Panine, qu’il ait voulu traiter un bon et vrai sujet de drame ou de roman, la fortune ait si mal payé les louables intentions de M. George Ohnet. Quoi donc ! le souvenir du Maître de forges, l’habileté de M. Koning, la bonne volonté de Mlle Tessandier, les robes de ces dames n’ont pas pu prolonger l’insuccès de Dernier Amour une semaine encore, assez longtemps pour qu’il me fût permis de philosopher sur cette ironie du hasard ! Hélas, non ! et si j’avais eu peut-être l’idée de faire un parallèle entre Dernier