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I. CONQUÊTE. — PACIFICATION [1]


Il n’y a pas, du moins chez nous, de sujet plus obscur et plus embrouillé que la politique coloniale. Dans la masse des hommes qui s’en occupent, ceux qui le font avec conscience sont fort rares, et avec compétence, presque introuvables. Nous n’avons, en cette matière, aucune règle reconnue : ni règle de langage, ni règle de conduite. Si bien qu’une étude des choses coloniales devrait toujours débuter par des définitions : à fixer le langage, on gagnerait peut-être de pouvoir plus tard fixer la conduite.

Par politique coloniale, on n’entend trop souvent que ceci : extension du domaine colonial. Elle est encore, elle est surtout autre chose : elle est la mise en valeur de ce domaine. Ainsi conçue, la politique coloniale n’admet ni aventure ni improvisation, elle relève de la politique et de l’administration, elle

  1. L’étude qu’on va lire nous a été grandement facilitée par l’obligeance extrême de lord Lytton et de lord Dufferin ; de M. Austin Lee, secrétaire d’ambassade à Paris, de M. Herbert, de l’India office, enfin de M. Harmand, ministre plénipotentiaire, qui a été longtemps consul-général de France à Calcutta ; nous tenons à leur en exprimer à tous notre profonde reconnaissance.