Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 126.djvu/701

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Gémissez ! Déchirez votre corps châtié,
Lavez de votre sang les souillures de l’âme ;
Et, peut-être, échappés à l’éternelle flamme,
Dans quelques milliers de siècles, mais un jour.
Serez- vous rachetés par le divin Amour
En vertu de la longue épreuve expiatoire
Et des heureux tourmens du sacré Purgatoire.
Faites cela. J’ai dit. Sinon, chiens obstinés,
Chair promise à l’Enfer pour qui vous êtes nés.
Maudits septante fois, rebut du monde, écume
D’infection, qui sort de l’abîme et qui fume
De la gorge du Diable, allons ! Ne tardez plus.
Frappez ! Couronnez-moi du nimbe des Élus ;
Faites votre œuvre aveugle, ô misérable reste
De réprouvés, hideuse engeance, opprobre et peste
Des âmes ! Hâtez- vous. Pour un homme de moins
L’Église ni Jésus ne manquent de témoins.
Mille autres surgiront du sang de mon cadavre,
Mille autres brandiront le glaive qui vous navre ;
Et je vois, au delà de ce siècle, approcher
Le jour où, dans le feu du suprême bûcher,
Le dernier d’entre vous, qu’un autre feu réclame,
Aux vents du ciel vengé rendra sa cendre infâme.
Tuez ! Je vous défie et vous hais.



                                                 — Qu’il soit fait
Ainsi que tu le veux. Moine ! dit le Parfait.
Au nom des justes morts, crève, bête enragée !
Va cuver tout le sang dont ta soif s’est gorgée.
monstrueux bâtard, fruit impur et charnel
De Rome la Ribaude et de Satanaël,
Sans qu’il puisse jamais la revomir au monde,
Rends-lui, plus maculée encor, ton âme immonde ;
Et, du fond de l’abîme où tes dents grinceront
Sous le reptile en feu qui rongera ton front,