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LA MUSIQUE GRECQUE

ET

LES CHANTS DE L’ÉGLISE LATINE

« Il n’est pas possible, a dit Wagner, de réfléchir tant soit peu profondément sur notre art sans découvrir ses rapports de solidarité avec celui des Grecs. L’art moderne n’est en vérité qu’un anneau dans la chaîne du développement esthétique de l’Europe entière, développement qui a son point de départ chez les Hellènes. » Dans tous les arts, en effet, et à toutes les époques, l’influence de l’art grec s’est fait sentir de quelque façon ; et l’on peut affirmer que la musique en particulier n’a jamais cessé d’en porter la trace. Mais pour découvrir cette trace aux diverses phases de son évolution, encore faut-il prendre la peine de la chercher et, suivant l’expression de Wagner, « réfléchir tant soit peu profondément » sur les destinées de la musique. » Or c’est ce que, trop longtemps, on a négUgé de faire. Nous ne saurions admettre, avec M. Gevaert, que « la période de la réflexion commence à peine pour la musique » ; car il y a plus de soixante ans qu’elle a commencé, et personne peut-être n’a autant contribué que M. Gevaert lui-même à lui faire produire des résultats décisifs. Mais, incontestablement, elle est venue plus tard pour la musique que pour les autres arts. Qui s’inquiétait au temps de Bach des origines de cette langue nouvelle, dont le maître immortel achevait, pour plusieurs siècles, de régler la syntaxe ? Qui se préoccupait de son histoire, de ses premiers bégaiemens, de ses lentes transformations, des nombreux écrits théoriques que lui avaient consacrés l’antiquité et le moyen âge ?

En revanche, depuis soixante ans, depuis que s’est ouverte cette