Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 134.djvu/185

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Ichthyosaurus entier, faite par M. Eberhard Fraas, confirme la croyance que cet animal avait de puissans instrumens de natation.

A en juger par le plus ancien genre connu, les premiers oiseaux n’ont pas eu un vol aussi rapide que la plupart des genres actuels. L’Archœoptéryx n’avait pas les plumes de sa queue concentrées sur un croupion ; son petit sternum indique de faibles muscles pectoraux ; les os de ses mains, encore peu atrophiés et peu soudés, ne formaient pas un solide appui pour ses ailes ; ce ne devait pas être un grand voilier. Vers la fin de l’époque crétacée, les oiseaux ont pris les caractères qu’ils ont maintenant. Selon M. Alix, on voit des oiseaux actuels parcourir 1 kilomètre par minute, soit 60 kilomètres en une heure.

L’histoire des mammifères, aussi bien que celle des oiseaux, montre que l’activité a été en croissant pendant les âges géologiques. Petits, rares dans le Secondaire, ils deviennent importans, dès le commencement du Tertiaire. Cependant ils ne devaient pas former des scènes animées comme dans les époques qui ont suivi. C’était alors le règne des animaux que M. Cope a nommés amblypodes, bêtes omnivores, qui, mangeant de tout, se trouvaient bien partout et n’avaient pas besoin de voyager ; leurs pattes étaient composées de cinq doigts singulièrement raccourcis et ramassés, ne servant qu’à former des bases de membres disposés comme des colonnes pour supporter un corps massif.

Si nous nous transportons par la pensée dans le milieu du Tertiaire, nous rencontrons beaucoup de pachydermes dont les pieds n’ont plus que trois ou quatre doigts. On en voit même qui ont une tendance vers nos solipèdes et nos ruminans.

A la fin du Tertiaire, apparaissent les vrais chevaux, dont chaque pied n’a plus qu’un seul doigt fonctionnel ; les ruminans ont également leurs pieds portés au summum de la simplification.

De nos jours, les chevaux de course, les cerfs et les gazelles présentent les types les plus parfaits de locomotion rapide sur la terre ferme. En même temps les océans voient le règne des cétacés. Moquin-Tandon prétend que les dauphins fendent les vagues plus rapidement qu’un oiseau ne traverse les airs. C’est seulement à l’époque actuelle que ces puissans nageurs ont eu leur plus grand développement.

L’homme n’est point particulièrement rapide à la course. Mais il est le mieux adapté de tous les êtres pour la station verticale. A cet égard le singe est très loin de lui. Dans le pied humain, les doigts occupent proportionnellement au tarse un espace plus large, la paume du pied forme par conséquent une plus large base ; le pouce est le plus gros des doigts, tandis que, chez le singe, le