Page:Revue des Deux Mondes - 1898 - tome 146.djvu/132

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JEAN.

Je suis prêt, seigneur.

HÉRODE.

Comprends-moi bien. J’en suis vraiment fâché. Mais il faut que tu meures. A présent. Tout de suite.

JEAN, après s’être retourné en cherchant vers la porte.

Seigneur, accorde-moi un délai.

VITELLIUS.

Il ne semble pas trop bien préparé, ton héros. Pour un rien, il se mettrait à gémir.

HÉRODE.

Baptiste, pourquoi ce délai ?

JEAN.

J’ai envoyé des messagers et j’attends leur retour.

HÉRODE.

A qui as-tu envoyé ces messagers ?… Tu te tais ?… Oui, je te le répète, cela me fait vraiment de la peine. On aurait pu attendre encore beaucoup de toi. Mais…

JEAN, tendant la main avec angoisse.

Maître, je t’en supplie !

VITELLIUS.

Que t’avais-je dit ? Tout le monde aime la vie, il n’y a que le Romain qui sache mourir.

HÉRODE.

Adresse-toi à cette jeune fille, Baptiste. C’est sa main, sache-le, qui tient ce petit paquet de hasard que tu nommes la vie.

SALOMÉ.

Maître, vois-tu ma puissance ? Eh bien, supplie, supplie !

HERODIAS, derrière elle, à voix basse.

Mais s’il supplie, tu riras de lui.

SALOMÉ.

Peut-être, qui peut savoir ce que veut mon âme ? Pourquoi ne supplies-tu pas ?

JEAN.

Jeune fille, je…