Page:Revue des Deux Mondes - 1899 - tome 155.djvu/857

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prison ou du travail forcé, les premières sont destinées à des « délinquans virtuels, » c’est-à-dire en général des mineurs de quatorze ans, dont l’entourage est si mauvais que, s’ils étaient abandonnés à son influence, ils deviendraient criminels. Comme leur nom l’indique, elles s’efforcent, en outre, de leur faire apprendre un métier.

C’est en 1846 que les premières subventions furent accordées par le département d’Instruction publique aux écoles industrielles d’externes, pour les aider à construire des ateliers, des buanderies et des cuisines, dans les quartiers des grandes villes à population dense. Le comité du Conseil privé augmenta considérablement ces allocations en 1856 et 1857 ; mais quelque temps après (1860), on crut mieux faire en rattachant ces écoles au ministère de l’Intérieur (Home office), duquel elles dépendent encore aujourd’hui.

On a vu que dès 1834-35, les commissaires du bureau des pauvres avaient pris des mesures pour l’instruction des enfans d’indigens recueillis dans les workhouses. Cet enseignement était naturellement obligatoire, comme le travail des parens. En 1847, cette commission fut érigée en un vrai ministère, présidé par l’un des membres du Cabinet et connu sous le nom de Bureau de la loi des pauvres et, depuis 1871, Bureau du gouvernement local. En 1846, la Chambre des communes avait voté une somme de 375 000 francs pour pourvoir aux salaires des maîtres et des maîtresses d’école dans les workhouses. Elle accorda aussi un crédit de 500 000 francs pour la construction d’une école normale, destinée à former ces instituteurs et l’établissement d’une école d’indigens et d’une école pénitentiaire modèle. Le projet de ces dernières fut abandonné ; en revanche l’Ecole normale fut inaugurée à Hounslow (1850) sous la présidence d’honneur de l’archevêque de Cantorbéry. En même temps, le comité du Conseil privé nommait quatre inspecteurs pour visiter les écoles de ce genre (1847). Mais, ayant reconnu de graves inconvéniens à maintenir ces enfans en contact avec la population des workhouses, depuis 1875, on s’est efforcé de les en isoler, en les envoyant aux mêmes écoles que les autres enfans. S’il y en a de réfractaires, on les dirige sur les écoles industrielles. On a remarqué que ces enfans ne restaient pas en général dans les métiers qu’on leur avait fait apprendre, sauf ceux de marin et de musicien qui sont leurs professions favorites.