Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/111

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et mettre fin à ma captivité ! C’est également grâce à l’amabilité des directeurs de musées qu’il est souvent possible de visiter les collections particulières, qu’ils sont à même de vous signaler dans les villes qu’ils habitent et où ils peuvent parfois eux-mêmes vous servir d’introducteurs. D’habitude, les relations ainsi nouées survivent aux voyages qui les ont créées ; entretenues par des correspondances ou des services réciproques, elles contribuent à établir dans l’Europe entière une confraternité intellectuelle qui, née d’un pareil amour des belles choses, s’exerce au profit des études communes et sert à leur avancement.

Les ateliers de restauration annexés aux grandes galeries ne doivent pas non plus être négligés, et quand on y rencontre des praticiens habiles, il y a lieu de les interroger, de recueillir de leur expérience bien des informations exactes sur la technique des maîtres, sur les couleurs et les préparations qu’ils employaient, sur leurs procédés d’exécution, etc. Parfois d’ailleurs l’examen attentif des portraits originaux de ces maîtres fournit à cet égard des indications précises dont on n’a pas toujours tiré un parti suffisant : c’est ainsi que le portrait de Rembrandt vieux et peignant, celui de Velazquez dans le tableau des Meniñas, et bien d’autres encore, nous les font voir à leur chevalet, et nous renseignent ainsi de la façon la plus exacte sur les pinceaux ou les brosses dont ils faisaient usage, sur la composition de leurs palettes, etc. De même encore les pèlerinages aux lieux où ont vécu les artistes, la visite des maisons qu’ils ont habitées, peuvent nous éclairer sur leur vie, sur leur condition et sur leurs goûts ; les diverses demeures de Rembrandt à Leyde, à Amsterdam ; ce qui reste de la magnifique résidence de Rubens à Anvers, et la ville d’Anvers elle-même ; celle de Bruges pour Memling et les primitifs flamands ; Nuremberg pour Albert Dürer vous procureront sur l’existence de ces divers artistes de précieuses informations. Il faut voir Venise pour bien comprendre l’école vénitienne, et toute la Hollande, pour apprécier à leur valeur les peintres de genre et les paysagistes qu’elle a produits, afin de juger avec quel degré de fidélité ils ont copié la nature qui les entourait et quelle part d’interprétation personnelle ils ont mise dans leurs œuvres.

Ne manquez pas, du reste, de vous approvisionner largement sur votre, route des meilleures photographies des tableaux que vous aurez vus et des différentes localités que vous aurez