Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/114

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C’est grâce à ces remaniemens, à ces retouches et à ces caresses finales que votre œuvre sera désormais animée d’un même souffle, et que, vivifiée par la diversité même des élémens qui y auront trouvé place, elle conservera l’aisance qu’elle doit avoir. Malgré tout, vous ne le sentez que trop, elle sera restée fort au-dessous de ce que vous l’aviez rêvée. Du moins, à défaut du talent d’écrire, dont on ne dispose pas à sa guise, par la conscience et l’étendue de vos recherches, par l’exactitude substantielle de vos informations, vous aurez instruit le lecteur, éclairci quelques points nouveaux et contribué à mettre, pour un temps, mieux en lumière l’histoire d’une école ou l’originalité d’un grand artiste. D’ailleurs si, comme il est d’usage, votre livre doit être accompagné d’illustrations, et que votre bonne étoile vous ait conduit chez un éditeur intelligent, ayant à cœur le souci de bien faire et le bon renom de sa maison, l’impression même de ce livre, en vous apportant des soins nouveaux, va vous procurer en même temps des occasions nouvelles de l’améliorer. Les rapides progrès de l’héliogravure ont fourni à notre époque les plus précieuses ressources pour la propagation des œuvres d’art, et, comme valeur documentaire, les reproductions photographiques, qui de plus en plus tendent à prévaloir, sont bien supérieures aux gravures dont les publications artistiques étaient autrefois enrichies. Même confiées à des aquafortistes de grand talent, ces gravures ne pouvaient présenter le caractère de fidélité, ni d’homogénéité auquel il faut surtout viser en pareille matière. La photographie, au contraire, grâce à ses perfectionnemens récens, — si elle ne reproduit pas encore les couleurs, — est arrivée, du moins, à rendre avec une justesse suffisante l’effet des tableaux, et avec une exactitude absolue les mises en place, les mouvemens et les expressions. Quant aux dessins que vous désirerez mettre sous les yeux des lecteurs, les fac-similés qu’on en fait aujourd’hui équivalent aux originaux. Choisies parmi les types les plus caractéristiques, les nombreuses reproductions qui accompagnent les grandes publications d’art, en même temps qu’elles soulagent les descriptions, laissent dans l’esprit des souvenirs plus précis, une idée plus juste et plus nette de ce qui fait le mérite d’un maître : elles constituent, au sens propre du mot, de véritables illustrations.

Et maintenant que vous allez vous séparer de votre livre, si personne mieux que vous n’en connaît les imperfections et si