Page:Revue des Deux Mondes - 1906 - tome 31.djvu/565

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Louis XVIII et le comte d’Artois – Récits des temps de l’émigration


LOUIS XVIII ET LE COMTE D’ARTOIS — RÉCITS DES TEMPS DE L’ÉMIGRATION [1]


I. DISSENTIMENS ET CONFLITS


Au cours de leur exil, qui n’a pas duré moins d’un quart de siècle, les deux frères de Louis XVI ont vécu plus longtemps séparés que réunis. Par suite de leur séparation, ils se sont beaucoup écrit. Leur correspondance forme de volumineux dossiers et, comme on va le voir, apporte un contingent précieux d’informations à l’histoire de leurs longues infortunes. Elle nous révèle tout à la fois leur réciproque et tendre affection, leurs vues personnelles sur les hommes et les choses de leur temps, leurs défauts, leurs qualités, leurs illusions, leurs dissentimens ; la générosité chevaleresque du cadet, ses élans impétueux, son imprévoyance, sa crédulité vaniteuse, sa faiblesse devant l’entourage courageux, fidèle, mais fréquemment dépourvu de toute raison, qui se disputait ses bonnes grâces et s’efforçait de le dominer ; l’érudition de l’aîné, sa sensibilité toujours si visible sous les formes parfois déconcertantes de son esprit, son ferme et naturel bon sens trop souvent troublé par les préjugés de

  1. D’après des documens inédits.