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pérament d’opposition, on est moins bien placé au gouvernement» M. Clemenceau avait eu beau faire, après coup, on ne pouvait plus conserver la moindre illusion sur ce qu’il y avait de contradictoire entre sa politique religieuse et celle de M. Briand : il ne restait plus qu’à savoir laquelle des deux l’emporterait. Heureusement M. Clemenceau n’attache pas une extrême importance à ses paroles : il les prononce comme elles lui viennent, plutôt pour se soulager lui-même que pour imposer aux autres les volontés qu’elles ont l’air d’exprimer. Satisfait d’avoir parlé à sa manière, il a laissé M. Briand agir à la sienne, et celui-ci s’est empressé d’écrire une circulaire dont le ton conciliant et modéré a produit une impression généralement bonne. Nous ne répondrons pas aux évêques, avait dit M. Clemenceau. Qu’est-ce donc que la circulaire de M, Briand? Sans doute, elle ne fait aucune allusion directe à la Déclaration épiscopale, mais elle la suit pas à pas et y répond du commencement à la fin. En quoi consiste cette Déclaration? Nous l’avons déjà dit, il y a quinze jours. Les curés y sont invités à se mettre dii-ectement en rapport avec les maires pour conclure en commun, suivant une formule uniforme, des contrats qui leur assureront pour un temps déterminé la jouissance gratuite des églises. Ce n’est là qu’une question dans l’ensemble de celles qui se rattachent à l’exercice du culte, mais c’est en ce moment la plus importante de toutes : si elle est résolue dans le sens des évêques, la publicité du culte sera assurée, et ils y voient avec raison un immense intérêt.

Ils ont posé leurs conditions. On les a accusés d’avoir voulu les imposer ne vàrieiur, sans le moindre changement, comme une de ces formules sacro-saintes qui ont en elles-mêmes une force mystique et auxquelles il est interdit de toucher. Si telle a été leur prétention, ce que nous ne croyons nullement, ils n’y ont pas persisté. Ils n’ont pas persisté non plus dans la condition irréalisable que tous les maires, sans une seule exception, devraient accepter et signer le même modèle de contrat. Nos maires sont au nombre de 36000 : le bon sens permettrait-il d’admettre que l’opposition d’un seul, ou d’une infime minorité, frappât de nullité l’adhésion de tous les autres? Sur tous ces points, les évêques n’ont montré aucune intransigeance. Ils n’en ont même pas montré sur un autre, qui leur tient pourtant fort à coeur, à savoir l’obligation, pour la validité du contrat de jouissance, que la signature du curé et du maire fût ratifiée par celle de l’évêque. Il s’agissait là de la sauvegarde de la hiérarchie qui est pour eux, et très légitimement, un intérêt primordial. Sur le principe, aucune