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Revue musicale – Jean-Philippe Rameau


Rameau, par M. Louis Laloy ; 1 vol. (Collection : Les Maîtres de la musique.) Félix Alcan. — Rameau, par M. Lionel de la Laurencie ; 1 vol. (Collection : les Musiciens célèbres.) Henri Laurens.


Le plus glorieux musicien français du XVIIIe siècle, comme l’appelle avec raison le dernier de ses biographes, en a été longtemps le moins connu. Glorieux, il le fut même de son vivant. Mais, de son vivant même, on savait peu de chose de lui. « Toute la première partie de sa vie, disait déjà Chabanon, son panégyriste, est absolument inconnue. Il n’en a rapporté aucune particularité à ses amis, ni même à Mme Rameau sa femme. » C’est aux contemporains, — je parle des nôtres, — qu’il était réservé de nous révéler un maître non seulement ignoré, mais devenu légendaire et presque mystérieux. Ils y ont mis tous leurs soins, toute leur science d’érudits et tout leur goût d’artistes. Au cours de leurs études respectives, MM. de la Laurencie et Laloy se plaisent à citer leurs prédécesseurs, les Jal et les Pougin, les Garraud et les Brenet, les Malherbe et les Quittard. On devra désormais, avec une estime au moins égale, ajouter à ces noms ceux de MM. Laloy et de la Laurencie eux-mêmes. Ils nous ont tout appris de Rameau. Sa famille et son éducation, ses voyages, ses études, sa longue et scientifique préparation à la pratique de son art, son caractère et ses idées, voire le chiffre de sa fortune, le compte de ses droits d’auteur et l’état de sa garde-robe, rien de lui ne nous est plus étranger.