Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/601

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chemin de fer de Tient-sin à Pouko-Ou, dans lequel les ingénieurs en chef, Anglais et Allemands, sont de simples employés du directeur chinois qui dispose des fonds. Ce système a donné des résultats déplorables. Pour obtenir ce qu’ils désirent, ils se sont adressés à l’Allemagne. La Deutsch-Asiatische Bank leur accorde l’emprunt dans les conditions du traité Tien-tsin-Pouko-Ou. Une convention en date du 15 mars 1909 a été conclue entre la Deutsch-Asiatische Bank, la Hong-Kong and Shang-haï banking Corporation et la Banque de l’Indo-Chine constituant un syndicat qui traitera avec le gouvernement chinois, si celui-ci consent à des conditions acceptables. Mais les Etats-Unis interviennent. Leur influence en Chine est maintenant dominante. Quelques jours après l’accord anglo-franco-allemand, les Etats-Unis obtenaient du Ouaï-ou-pou que la signature de Tchang-tche-tong serait refusée. Tout était donc remis en question. Depuis, l’accord s’est fait. Un emprunt de 150 millions de francs a été consenti par le consortium Anglo-Franco-Allemand dans lequel les Etats-Unis sont entrés. Chaque nation doit fournir un quart. Mais on n’a pu obtenir d’autres garanties que celles de la construction du chemin de fer de Canton à Kaw-lung. L’argent déposé dans les banques ne peut en sortir que par acomptes avec la signature de l’ingénieur en chef anglais. Il ne la donne qu’après justification de la dépense régulière de l’acompte précédent. Ces incertitudes dans l’emploi des emprunts donnent lieu dans les milieux financiers à des conceptions étranges qui se résument ainsi : Entendons-nous tous pour tirer de la Chine tout ce qu’elle peut donner. Plus de politique, et, si la Chine ne fait pas honneur à ses engagemens, par notre entente nous serons assez forts pour l’y forcer, tandis qu’isolée aucune nation ne tenterait de l’y contraindre. Des publicistes ont même engagé la Russie et le Japon à faire partie de cette entente. Un régime d’internationalisation des emprunts chinois serait, disent-ils, le corollaire de tous les traités signés depuis trois ans et qui tendent à garantir l’intégrité de la Chine. Les sociétés financières estiment que les gouvernemens ont le devoir de faire la guerre pour assurer leurs bénéfices.

Dans les sociétés industrielles, les garanties n’existent pas davantage. Au confluent de la rivière Han et du Yang-tze-Kiang, près d’Hankow, est placée une grande usine métallurgique, pourvue des machines et des appareils les plus modernes