Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 19.djvu/35

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soins que doivent recevoir les monuments historiques, c’est-à-dire ceux qui présentent, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt national. Il y préside grâce à la procédure du classement. Eh bien ! je demande seulement que l’État continue, élargisse son action par le classement.

Il existe un rapport très intéressant de M. Bardoux, en date du 15 mars 1887, qui met bien en lumière le caractère national de notre architecture religieuse. Veuillez en accepter l’esprit, veuillez considérer que toutes nos églises jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ont un intérêt historique, un intérêt d’art, un intérêt documentaire, un intérêt national. Je vous demande de rester dans l’esprit de la loi de 1887 et simplement, en présence de nécessités nouvelles, d’élargir la tradition administrative. (Très bien ! très bien ! à droite et au centre.)

D’eux-mêmes, les bureaux des Beaux-Arts s’orientent dans cette voie ; mais ils classent, qu’il me soit permis de le dire, un peu au petit bonheur, quel que soit le sérieux de leurs enquêtes, parce que la politique s’en mêle et qu’ils obéissent tout naturellement, personne ne peut leur en faire un reproche, aux suggestions des députés. (Réclamations sur divers bancs à gauche.)

Ah ! messieurs, ne voyez là rien qui puisse désobliger aucun de mes collègues, ni l’administration des Beaux-Arts. Il est tout naturel, que chacun de nous signale à celle-ci le coin de France qu’il connaît le mieux. Pour ma part, ce que je recommande le plus volontiers à M. le Ministre des Beaux-Arts, c’est toujours une église, un monument que j’ai pu visiter ou qui est cher à mes compatriotes. Il n’y a rien là que de conforme aux bonnes règles de l’esprit ; et si vous ne voulez pas que j’aie défini votre manière de procéder, j’accepte très bien d’avoir défini la mienne propre. (Applaudissemens au centre et à droite.)

D’eux-mêmes les bureaux des Beaux-Arts s’orientent dans le sens que j’indique. Ils multiplient les classemens. Ils regrettent de se heurter à trop de résistances. Vous-mêmes, mes chers collègues, je le répète, je sais combien de demandes vous adressez aux services compétens. Eh bien ! pour tout simplifier, je vous propose, — c’est là mon premier point, — de classer en bloc toutes les églises jusqu’à l’année 1800 ; oui, toutes les églises construites avant le XIXe siècle, en réservant toutefois à