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Scènes de mœurs électorales en Amérique – Les conventions de juin-juillet 1920


I. — CHICAGO


Lundi, 7 juin.

Ce matin, sous le soleil terriblement chaud déjà, la magnifique avenue Michigan, en bordure du lac bleu comme une mer du Sud, est entièrement décorée et pavoisée. Les réverbères, les fenêtres des maisons et devantures des boutiques disparaissent sous les bandes étoilées, qu’agite mollement la brise torride. Aux façades des hauts hôtels, du Blackstone, du Congress, de l’Auditorium, presque à tous les étages, d’immenses pancartes et professions de foi, que surmontent d’effarants portraits, annoncent au passant et à l’étranger que la grande semaine électorale est commencée, que les quartiers généraux eu gouverneur Lowden, du sénateur Hiram Johnson, du général Wood se trouvent ici ou là.

L’avenue est encombrée de promeneurs qui, eux aussi, sont comme pavoises. Les vestons et corsages sont ornés de médailles, larges comme des insignes de police, de boutons aux couleurs vives avec portrait du candidat, de rubans flottants avec inscriptions en hautes lettres d’or. Le plus grand nombre, hommes et femmes, portent gravement, presque solennellement, sur l’épaule de petits drapeaux ou fanions triangulaires, le plus souvent avec un nom, quelquefois avec un commentaire, une