Page:Revue des Deux Mondes - 1920 - tome 60.djvu/574

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Ce n’est pas méchant, mais cela amuse les farouches républicains d’Indianapolis. Et puis, cela leur fait oublier que depuis plus d’une heure ils étouffent, debout, dans une atmosphère surchauffée.

Tout à coup une rumeur monte de la rue, d’abord lointaine, puis plus grave et plus précise. L’estrade s’agite. Les femmes se lèvent pour mieux voir. Le sénateur paraît. Alors retentit une ovation formidable, un cyclone de hourras, de cris suraigus et de coups de sifflet stridents. Le vacarme que cinq mille personnes peuvent faire dans un espace clos dépasse tout ce qu’on peut imaginer.

Cependant, le sénateur Harding agite son chapeau. Il ressemble à Mac Kinley. Il a la physionomie à la fois digne et souriante d’un pasteur bon vivant, et, dans sa démarche et dans ses gestes, l’affabilité protocolaire du chef d’État. Lorsque la tempête s’est un peu calmée, une féministe d’Indianapolis qui, d’après le programme, doit présenter le candidat aux électeurs, se lève et fait un petit discours. Remarquons en passant que Démocrates et Républicains ne cessent de prodiguer leurs amabilités aux nouvelles électrices qui pourraient bien leur réserver des surprises le jour de l’élection.

Le sénateur parle enfin. Dès qu’il aborde la politique extérieure et la Société des Nations, il lit ses déclarations. Comme ses adversaires l’ont accusé de changer fréquemment d’avis sur ce point, il ne se livre pas aux dangers de l’improvisation.


New-York, 25 octobre.

Les républicains ont dépensé trois millions de dollars pour leur propagande, ce qui, au cours du jour, représente quarante-cinq millions de francs. « Même à ce taux-là, il est heureux que nous n’élisions un président que tous les quatre ans, me disait un sénateur au Comité national républicain. Sinon, nous y serions de notre poche. »

Si l’on considère, en effet, les dépenses que représente une élection présidentielle, on ne s’étonne plus que les frais de campagne des deux partis adverses s’élèvent à une centaine de millions de francs. Une simple visite au quartier général républicain, dans la 44e rue, suffit pour s’en rendre compte. Le général Herbert de Fossé, qui m’a conduit dans les méandres du sérail, m’a expliquées détail l’organisation du Comité