Page:Revue mensuelle d’économie politique - 1836 - T5.djvu/264

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leur relative par rapport à l’or, et l’or a sa valeur relative par rapport à l’argent, absolument comme ils ont l’un et l’autre leur valeur relative par rapport au cuivre, au fer, au blé, etc. En ce sens les métaux précieux ne se distinguent pas des autres marchandises. Ils forment, dans la vaste échelle des valeurs, deux degrés plus ou moins élevés, comme ils forment aussi deux degrés plus ou moins élevés dans l’échelle des poids spécifiques ou des densités.

Si l’on étudie ensuite une seule espèce de marchandise ou une seule espèce de bien limité, on verra qu’il y a très peu de denrées ou de productions dans lesquelles il ne soit pas possible de distinguer plusieurs variétés, plusieurs nuances de mérites ou de qualités, ce qui équivaut de tout point à plusieurs espèces de marchandises en une seule. Ainsi, par exemple, combien n’y a-t-il pas de sortes de vin, de laine, de froment, d’huile et de café ? Que de variétés, d’espèces de travail, etc. ! On conçoit dès-lors que la valeur de toutes ces denrées varie et puisse varier beaucoup, suivant la qualité que l’on considère. Il n’est pas difficile de trouver du vin, du drap ou de la toile qui se vendent trois lois, quatre fois, six fois plus cher que tel autre vin, ou tel autre drap, ou telle autre toile. Il n’est pas difficile d’indiquer un travail qui se fait payer cent fois plus cher qu’un autre travail.

Ici les métaux précieux commencent à se distinguer profondément, et de la manière la plus saillante, de tous les autres biens limités. Comme ils ont des qualités uniformes par toute la terre ; comme il n’en existe que d’une seule espèce ou d’une même qualité, leur