Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome 3, 1916.djvu/29

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Comme on le verra plus loin, le gouverneur prétendait que ce mot voulait simplement dire qu’ils ne seraient pas mis à mort. Il est aisé de voir que le Secrétaire d’État ne l’entendait pas ainsi. Par une déduction facile à opérer, voici au contraire ce qu’il en pensait : « Je n’admets pas votre interprétation au sujet du mot pardonné : en vertu de cette clause de la capitulation, ceux des Acadiens (qui furent pris les armes à la main,) ne peuvent être ni expulsés, ni punis, ni inquiétés pour la part qu’ils ont jouée dans la défense de Beauséjour. Supposé même que votre interprétation soit admissible, les conséquences de leur expulsion pourraient être si pernicieuses qu’il ne faut pas songer à l’accomplir. »

Toute la question, concernant l’opinion et la responsabilité des autorités métropolitaines au sujet de la déportation, se trouve résumée dans cette dépêche, qui en est la condamnation formelle. Puisqu’elle réprouvait une expul-


    you represent it to have been indispensably necessary for thc security and protection of the Province in the present critical situation of our affairs, we doubt not but that your conduct herein will meet with His Majesty’s approbation. (Akins. P. 288. — Canadian Archives (1894) P. 208-9. B. T. N. S. vol. 36. P. 273.) — En d’autres termes : « ce que nous voulions, c’était que vous vous inspiriez du principe nécessaire d’assurer à la Province sécurité et protection, dussiez-vous pour cela en chasser ignominieusement tous les Français neutres. Or, c’est bien ce que vous avez fait. Vous avez donc agi conformément à nos intentions. Vous avez déployé une grande prudence en prenant des mesures radicales pour que ces bannis n’aillent pas renforcer les sujets du Roi de France. C’est pourquoi nous vous en remercions et vous donnons, au nom du Roi notre auguste maître, la plus entière approbation. » — Et voilà !

    Nous demandons pardon à nos lecteurs de cette longue note. Mais la justice et la vérité la demandaient. Inutile maintenant de faire remarquer tout ce qu’ont d’étrange les commentaires laudatifs dont Richard fait suivre dans le texte sa reproduction tronquée de la dépêche de Robinson, Nous savons à quoi nous en tenir là-dessus.