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la mer


Parmi les débris fumants
D’éléments
Amalgamés par la flamme,
Aux atomes qu’elle unit
Dans son nid
C’est elle qui donna l’âme.

C’est en elle, dans ses flots,
Qu’est éclos
L’amour commençant son ère
Par l’obscur protoplasma
Qui forma
La cellule et la monère.

Béni soit le gouffre amer
De la mer !
Louange à la vase immonde
Qu’elle fut au jour premier,
Saint fumier
D’où sort en fleurs notre monde

*


Comment dans cette vase aux clapotements mous
Où les derniers volcans soulevaient des remous,
Comment sous l’action et les forces amies
Du soleil, des foyers souterrains, des chimies,