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les grandes chansons


Tu ne m’en voudras point sans doute
Si parfois mon pas s’en ressent.
En retour, pour ta peine, écoute

Ce que l’eau nous chante en passant.

*


De la mer nourricière, ô terre inassouvie,
Je t’apporte le lait dont s’entretient ta vie.

À tes brûlantes soifs qu’elle sait apaiser
J’apporte la fraîcheur de son divin baiser.

Ce baiser qu’en ton sein, pieuse, tu renfermes,
Y fait s’épanouir l’éclosion des germes.

À tous les éléments de ce sein ténébreux
Il se mêle et les force à se mêler entre eux.

Ainsi naissent tes prés aux herbes pullulantes
Où les troupeaux joyeux paissent le suc des plantes.