Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/16

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Certes, un homme de décadence toujours, au seuil de la vieillesse d’un monde, au seuil de ce qu’il appelle lui-même « l’automne des idées ». Mais cet homme de décadence demeure aussi tout imprégné de l’Église. Parmi les vices modernes et la corruption effrénée dont il subit la contagion, il continue à être le dépositaire du dogme, le dénonciateur du péché.

Déjà, au physique, il avait, parait-il, une réserve sacerdotale, un air de pâle évêque qui, à vrai dire, serait déposé de son diocèse, mais moins pour des péchés de chair que pour le péché d’orgueil.

Il s’est exprimé d’ailleurs en un vocabulaire tout enrichi de liturgie, de bréviaires, de catéchismes, emmiellé de saint-chrême pour ainsi dire, inoculé même de latinité, ce latin d’église qu’il connut bien et aima jusqu’à en composer des strophes : Franciscæ meæ laudes, qu’il intercala dans son livre.

Ici il ne s’agit plus d’une vague religiosité comme celle de Chateaubriand et des romantiques, moins épris du dogme que du culte, de la pompe des offices, du cérémonial, du décor, d’une sorte de merveilleux chrétien.

Celui-ci était né avec le renouveau de l’architecture, ce retour au gothique et au style du moyen âge remis tout à coup en lumière par la splendide restauration de Notre-Dame.